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Libye: des miliciens lèvent le siège de ministères après avoir obtenu une loi

Ils réclamaient l'adoption d'un projet de loi controversé sur l'exclusion politique des anciens collaborateurs du régime déchu de Mouammar Kadhafi.

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Des miliciens devant le ministère de la Justice, le 30 avril 2013, à Tripoli. (MAHMUD TURKIA / AFP)

En Libye, les armes continuent de perturber gravement la vie démocratique. Le Congrès général national libyen (CGN, Parlement), a adopté dimanche 5 mai un projet de loi controversé sur l'exclusion politique des anciens collaborateurs du régime déchu de Mouammar Kadhafi.

Une loi votée avec un pistolet sur la tempe : des miliciens armés exigeaient l'adoption de ce texte et cernaient depuis quelques jours les ministères des Affaires étrangères et de la Justice. Leurs exigences satisfaites, ils ont suspendu leur mouvement.

Un risque pour la paix et la sécurité

Cette loi adoptée par 164 voix contre quatre, doit encore être ratifiée par la Commission juridique du CGN. Elle exclut d'office le président du CGN Mohamed al-Megaryef, qui avait été ambassadeur en Inde sous le régime de Mouammar Kadhafi durant les années 1980. "Il est un peu tôt pour parler d'exclusion de M. Megaryef. D'ici une semaine à dix jours, on verra plus clair", a indiqué à l'AFP une source proche du président de l'Assemblée, laissant entendre la possibilité d'"amendements".

Dans une lettre adressée au Congrès, Megaryef a expliqué qu'il n'assistait pas au vote pour "ne pas embarrasser les membres du Congrès, dans la mesure où il était concerné par la loi". La loi risque d'écarter aussi au moins quatre ministres du gouvernement d'Ali Zeidan et une quinzaine de députés, dont le vice-président du CGN, Jomaa Atiga, selon un responsable libyen.

L'organisation de Défense des droits de l'homme, Human Right Watch, a mis en garde le CGN contre une adoption précipitée de la loi pour satisfaire des milices qui encerclaient des ministères à Tripoli. "Le CGN ne doit pas se laisser bousculer pour adopter de très mauvaises lois, parce que des groupes d'hommes armés l'exigent", a estimé Sarah Leah Whitson, directrice de l'ONG Human Rights Watch pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord. "Les perspectives à long terme pour la paix et la sécurité en Libye seront fortement affectées si le Congrès accepte de plier".

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