Laurent Gbagbo face à la justice internationale

Inculpé mardi par la Cour pénale internationale, l'ex-président ivoirien a été transféré au centre de détention de la CPI, aux Pays-Bas.

Laurent Gbagbo le 26 novembre 2010 à Abidjan (Côte d\'Ivoire), lors de la campagne électorale ayant précédé la crise politique de 2011.
Laurent Gbagbo le 26 novembre 2010 à Abidjan (Côte d'Ivoire), lors de la campagne électorale ayant précédé la crise politique de 2011. (SEYLLOU DIALLO / AFP)

Laurent Gbagbo est devenu mercredi 30 novembre le premier ancien chef d'Etat à être remis à la Cour pénale internationale (CPI). Inculpé mardi par la CPI, l'ex-président ivoirien, incarcéré jusqu'ici en Côte d'Ivoire, a été transféré et incarcéré au centre de détention de la CPI à La Haye, aux Pays-Bas. 

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Quelles sont les charges qui pèsent contre lui ?

Née du refus de Laurent Gbagbo, 66 ans, de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010, la crise ivoirienne, conclue par deux semaines de guerre civile, a fait près de 3 000 morts, selon l'ONU. Arrêté le 11 avril à Abidjan, Laurent Gbagbo a déjà été inculpé en août et placé en détention préventive dans le cadre de la procédure judiciaire ivoirienne pour "crimes économiques" commis durant la crise postélectorale. 

En parallèle, la CPI conduit depuis octobre une enquête sur des crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis pendant la crise, notamment par les forces pro-Gbagbo. Dans un communiqué, la cour détaille les quatre chefs d'inculpation : "meurtres, viols et autres violences sexuelles, actes de persécution et autres actes inhumains".

Que risque l'ex-président ivoirien ?

Comme une cour pénale nationale, la CPI peut prononcer des peines d'emprisonnement allant jusqu'à la perpétuité pour les crimes particulièrement graves. Le Statut de Rome, qui régit l'action de la cour, prévoit que les peines soient exécutées dans l'un des Etats parties signataires du traité, ou, à défaut, aux Pays-Bas, pays hôte.

Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a précisé que la cour ne s'arrêterait pas là. "Justice sera faite pour les victimes ivoiriennes de crimes commis à grande échelle : M. Gbagbo est le premier à devoir rendre compte de ses actes. Il ne sera pas le dernier", a-t-il déclaré, mentionnant notamment les exactions commises par le camp de son adversaire et nouveau président ivoirien, Alassane Ouattara.

Quelles sont les réactions en Côte d'Ivoire ?

Le transfert de Laurent Gbagbo vers la CPI est vivement critiqué par ses proches et ses partisans. Son porte-parole évoque un "acte grave" que les Ivoiriens n'accepteront pas, à une semaine des élections législatives. "[Cela] risque d'attiser encore les tensions existantes dans le pays et les exactions dont sont régulièrement victimes les partisans du Front populaire ivoirien" de l'ex-président, déplore Lucie Bourthoumieux, avocate de l'ancien chef de l'Etat.