L'Otan annonce la fin de sa mission en Libye pour fin octobre

Les opérations de l'Otan en Libye s'achèveront le 31 octobre. 

Un avion de guerre italien s\'approvisionne en carburant dans le ciel de Libye où l\'Otan a déployé ses forces aériennes. 
Un avion de guerre italien s'approvisionne en carburant dans le ciel de Libye où l'Otan a déployé ses forces aériennes.  (DAVID BRUNNSTROM/REUTERS)

Le 31 octobre, à 23h59 très précisément, le mandat d'intervention militaire de l'Otan en Libye expirera. Le Conseil de l'Atlantique nord s'est reuni à Bruxelles vendredi 28 octobre pour déclarer formellement la fin des frappes aériennes, malgré les appels du nouveau régime.

L'avenir de la Libye se retrouvera alors aux mains du Conseil national de transition (CNT) libyen. Quels sont les défis auxquels va devoir faire face le nouveau pouvoir libyen ?

• La protection des civils

Adoptée le 17 mars dernier, un mois après le déclenchement du soulèvement contre l'ex-Guide, la résolution 1973 instaurait une zone d'exclusion aérienne dans le ciel libyen et autorisait "toutes les mesures nécessaires" pour assurer la protection des populations civiles face à l'armée de Mouammar Kadhafi.

Pour le CNT, qui assure désormais la sécurité du peuple libyen depuis la mort de l'ancien dirigeant, ses derniers fidèles représentent une menace pour le pays. Ainsi, le CNT avait demandé le maintien de l'Otan en Libye au moins "jusqu'à la fin de l'année". En vain.

• La sécurité des frontières

De leur propre aveu, les nouvelles autorités libyennes ne se sentent pas prêtes à assurer totalement cette mission. L'ambassadeur adjoint de la Libye à l'ONU, Ibrahim Dabbashi, avait ainsi demandé au Conseil de sécurité des Nations unies de reporter le retrait des troupes de l'Otan pour laisser du temps au CNT de sécuriser les fronitières. Mais les membres du Conseil de sécurité de l'ONU estiment que cela dépasse les prérogatives du mandat fixée en mars.

• La circulation des armes

La résolution du Conseil de sécurité de l'ONU allège l'embargo international sur les armes, de manière à ce que le CNT en acquiert pour assurer la sécurité nationale. Mais l'organisation politique doit veiller à ce que les armes ne passent pas dans n'importe quelles mains.

Le CNT devra aussi désarmer les ex-rebelles, qui souvent se sont battus contre les forces loyalistes à Kadhafi du jour au lendemain, sans formation militaire. De grandes quantités d'armes, comprenant notamment des missiles sol-air, sont toujours dispersées à travers le pays sans être contrôlées, selon l'organisation Human Rights Watch.

La stabilité politique

Le CNT va aussi devoir faire face à des rivalités régionales et tribales. Les nouveaux dirigeants libyens disposent doivent rapidement mettre de côté leurs différences pour lancer la formation d'un gouvernement intérimaire et l'organisation, dans un délai de quelques mois, d'un scrutin pour élire une assemblée constituante. L'objectif est d'instaurer de nouvelles institutions démocratiques en 2013.

Yves Boyer, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique, contacté par 20minutes.fr, estime que sur ce point, "la communauté internationale va faire tout ce qu'elle peut pour peser sur le débat interne par différents canaux, des pressions diplomatiques ou des actions bilatérales".