L'ex-président Hissène Habré renvoyé au Tchad pour y être jugé

Il était réfugié au Sénégal depuis sa chute, en 1990 : Hissène Habré sera renvoyé dans son pays d'origine lundi, pour y être jugé. Il est accusé de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et torture.

(Radio France © France Info)

Ses huit années de présidence, au Tchad, de 1982 à 1990, ont été une boucherie. Hissène Habré coulait, depuis, des jours paisibles au Sénégal. Il sera extradé lundi, pour être jugé au Tchad. Poursuivi pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et torture, il est accusé d'être responsables de milliers de morts.

Une "commission d'enquête sur les crimes et détournements" commis durant
les années Habré, créée après sa chute, a estimé à plus de 40.000, dont 4.000
identifiées nommément, le nombre de personnes mortes en détention ou exécutées au cours des huit années de sa présidence.

En 2006, l'Union africaine avait demandé au Sénégal de juger Hissène Habré, "au nom de l'Afrique" ; le président avait accepté, mais aucune information judiciaire n'avait été ouverte.
_ En 2009, la Belgique était entrée dans la danse, en portant plainte contre le Sénégal - et demandant qu'il juge ou extrade Habré.

Dakar a fini par céder, et va affréter un vol spécial pour renvoyer Hissène Habré dans son pays. L'avocat de l'ancien président parle d'une décision “illégale” .

Plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme, comme Human Rights Watch, se sont montrées critiques, doutant qu'un procès équitable puisse se tenir au Tchad.