Attaque au Kenya : l'avion des commandos a-t-il perdu du temps à cause de la famille d'un gradé de la police ?

La lenteur des secours est au centre d'une vive polémique, au Kenya.

Un soldat kenyan à proximité du campus de Garissa, le 2 avril 2015.
Un soldat kenyan à proximité du campus de Garissa, le 2 avril 2015. (NOOR KHAMIS / REUTERS)

Pendant que les étudiants de Garissa priaient dans l'espoir d'être secourus, la famille d'un haut responsable de la police se prenait-elle en photo devant l'appareil supposé venir à leur rescousse ? Mardi 14 avril, le Guardian se fait l'écho de vives critiques au Kenya après que le chef de la police a admis qu'un avion destiné à transporter les commandos était utilisé à la place par sa famille de retour de vacances sur la côte. 

Une halte à Mombasa

Le 2 avril, l'université de Garissa, au Kenya, a vécu une journée d'horreur quand des islamistes shebabs ont massacré 148 personnes, dont 142 étudiants. Les autorités ont été vivement critiquées pour la lenteur des secours. Il a fallu sept heures avant que l'équipe d'intervention spéciale contre le terrorisme n'arrive sur les lieux.

Mis en cause, le colonel Rogers Mbithi, chef de la brigade aérienne, a expliqué que le Cessna 208B était en mission sur la côte pour une mission d'entraînement. Mais il a dû admettre qu'il avait fait une halte à Mombasa pour ramener sa famille à Nairobi, la capitale. "Il n'y a rien à cacher. Il est revenu [avec ma belle-fille] et deux petits-enfants. J'en prends l'entière responsabilité", a-t-il dit au Daily Nation, un journal kenyan.

Une heure bloqué sur le tarmac

L'appareil n'est arrivé à Nairobi qu'à 11h30. L'attaque avait déjà commencé depuis six heures et l'escadron était déjà en attente depuis cinq heures, selon le Telegraph. L'appareil a décollé une heure plus tard avec les commandos à son bord. Il a atterri à 13h56. Les policiers ont ensuite été briefés et n'ont rejoint les lieux qu'à 17 heures. Pendant ce temps, les terroristes ont continué leur massacre en retrouvant des étudiants cachés.

A ces révélations, s'est ajoutée la diffusion de deux photos, montrant notamment Ndanu Muenen Mbithi, la belle-fille du responsable de la police. Des photos qu'elle a diffusées sur son compte Instagram, et sur lesquelles elle pose, lunettes de soleil sur les yeux, avec des amies à l'entrée d'un avion de la police. Le colonel s'est défendu : "S'ils [les commandos] étaient en retard, ce n'est pas à cause de l'appareil. Il est arrivé de Mombasa à 11h30 et les a attendus pendant une heure. Les pilotes ont même eu le temps d'aller prendre un café en les attendant".