Tunisie : le numéro 2 des islamistes d'Ennahda devient Premier ministre

Hamadi Jebali a été chargé de former un gouvernement par le président de la République, mercredi.

Hamadi Jebali à l\'Assemblée constituante tunisienne, le 6 décembre 2011 à Tunis (Tunisie).
Hamadi Jebali à l'Assemblée constituante tunisienne, le 6 décembre 2011 à Tunis (Tunisie). (FETHI BELAID / AFP)

Le numéro 2 du parti islamiste tunisien Ennahda, Hamadi Jebali, a été officiellement nommé, mercredi 14 décembre, chef du gouvernement. Il a été chargé de former un exécutif par le président de la République tunisienne, Moncef Marzouki

Originaire de Sousse, Hamadi Jebali a étudié à Paris, où il a commencé à militer, raconte Le Point. De retour en Tunisie, cet engagement politique lui a valu d'être recherché par la police tunisienne. Arrêté en 1991, il a passé plus de quinze ans dans les geôles de Ben Ali, avant d'être libéré le 26 février 2006.

La nomination d'Hamadi Jebali, 62 ans, était attendue : sa candidature au poste de Premier ministre avait été annoncée par Ennahda quelques jours après le scrutin du 23 octobre. Son parti avait obtenu 89 sièges sur 217, remportant ainsi les législatives.

Une tâche délicate

Hamadi Jebali dispose de vingt et un jours pour soumettre la composition de son équipe au président de la République, issu du Congrès pour la République (centre-gauche), arrivé deuxième avec 30 sièges.

Le Premier ministre devra composer avec les différentes tendances politiques qui se sont exprimées dans les urnes. Plusieurs responsables d'Ennahda ont confirmé à l'AFP que les portefeuilles clés de l'Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères devraient leur revenir.

Le gendre du dirigeant d'Ennahda, Rached Ghannouchi, est pressenti pour endosser le rôle de ministre des Affaires étrangères. "Ça, ça risque de poser un problème, estime un proche du parti de gauche Ettakatol, fort de 21 sièges. Ce serait une énorme maladresse (...), les gens vont penser que c'est un retour aux anciennes pratiques."

Les discussions continuent entre les décideurs des trois principaux partis. "Il faut de la diplomatie et du tact, prévient le proche d'Ettakatol. Et aussi prendre la température dans les ministères, parce que les gens sont sur le qui-vive."