Présidentielle en Guinée : des violences éclatent dans les rues de Conakry après la victoire d'Alpha Condé

L'opposition, qui dénonce "un hold-up électoral", en appelle à la rue après l'annonce de la victoire du président sortant, Alpha Condé, réélu à 82 ans pour un troisième mandat.

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Des policiers guinéens dans les rues de Conakry (Guinée) lors de manifestation contre la réélection d'Alpha Condé, le 23 octobre 2020. (JOHN WESSELS / AFP)

Une victoire violemment contestée dans la rue. Le président guinéen sortant, Alpha Condé, 82 ans, a gagné la présidentielle, remportant ainsi un troisième mandat controversé, selon les résultats provisoires annoncés samedi 24 octobre par la commission électorale (Ceni). Le président de la Ceni, Kabinet Cissé, a déclaré que Condé avait remporté 59,49% des voix au scrutin du 18 octobre. Son principal rival Cellou Dalein Diallo, 68 ans, qui s'était proclamé vainqueur de la présidentielle avant la publication des résultats, a obtenu 33,5% des suffrages, selon la Ceni.

"Nous allons protester contre ce hold-up électoral par la rue", a déclaré l'opposant à l'AFP. "Nous sommes en train de constituer des dossiers, très difficilement puisque nos locaux sont occupés, on n'a pas accès à nos documents, mais nous allons quand même saisir la Cour constitutionelle, sans se faire trop d'illusions", a-t-il déclaré. Dès l'annonce des résultats, des affrontements ont éclaté entre forces de l'ordre et manifestants, a constaté un journaliste de l'AFP. Des bérets rouges étaient en appui aux policiers et aux gendarmes et des tirs étaient entendus. "Nous sommes dans la rue, tant que Cellou Dalein ne nous demandera pas de rentrer", a assuré à l'AFP l'un des manifestants, Souleymane Cisse, chauffeur.

Un pays en crise profonde depuis un an

La tension était encore montée vendredi, les violences faisant au moins cinq morts dans ce pays d'Afrique de l'ouest à l'histoire particulièrement troublée et sanglante. Les autorités ont réquisitionné l'armée tandis que de nouveaux affrontements entre jeunes supporteurs de Diallo et forces de sécurité avaient éclaté à Conakry et en province.

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a mis en garde les acteurs politiques guinéens, leur rappelant "que quiconque commet, ordonne, incite, encourage et contribue" à des crimes tels que définis par les statuts de la CPI, "peut être poursuivi par les tribunaux guinéens ou par la CPI". La Guinée est plongée depuis un an dans une profonde crise. Des mois de mobilisation contre l'éventualité d'un troisième mandat d'Alpha Condé, à plusieurs reprises durement réprimée, ont fait des dizaines de morts civils.

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