LA PHOTO. Ethiopie-Erythrée: fin du conflit mais risque de «guerre monétaire»

En juin 2018, après 25 ans d’un conflit meurtrier, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a enterré la hache de guerre entre son pays et l’Erythrée. Dès juillet, les aéroports et les ambassades ont repris du service. Le poste-frontière de Zalambessa, point de passage historique, a rouvert, entraînant son lot de problèmes entre deux pays aux développements économiques très déséquilibrés.

Si avant la fin du conflit peu de personnes osaient se rendre dans ce no man\'s land entre les deux pays, aujourd\'hui le commerce a repris de plus belle. Mais le change entre les monnaies des deux pays, le nafka érythréen et le birr éthiopien, reste le problème majeur des commerçants. «On fait du commerce, mais le taux de change est trop instable, trop variable, c\'est illégal», précise l’un d’eux. Et Getachew Teklemariam, ancien conseiller du gouvernement éthiopien, ajoute: «Le taux de change est gouverné par des perceptions spéculatives des deux côtés de la frontière, alors qu\'il devrait être guidé par une véritable stratégie commerciale.» Cela risque de créer une «guerre monétaire de l\'ombre» entre les deux pays. Si la fin du conflit a suscité des espoirs de développement, ils se heurtent à la réalité d\'un sous-développement érythréen, alors que l\'économie éthiopienne enregistre des taux de croissance parmi les plus forts d\'Afrique.
Si avant la fin du conflit peu de personnes osaient se rendre dans ce no man's land entre les deux pays, aujourd'hui le commerce a repris de plus belle. Mais le change entre les monnaies des deux pays, le nafka érythréen et le birr éthiopien, reste le problème majeur des commerçants. «On fait du commerce, mais le taux de change est trop instable, trop variable, c'est illégal», précise l’un d’eux. Et Getachew Teklemariam, ancien conseiller du gouvernement éthiopien, ajoute: «Le taux de change est gouverné par des perceptions spéculatives des deux côtés de la frontière, alors qu'il devrait être guidé par une véritable stratégie commerciale.» Cela risque de créer une «guerre monétaire de l'ombre» entre les deux pays. Si la fin du conflit a suscité des espoirs de développement, ils se heurtent à la réalité d'un sous-développement érythréen, alors que l'économie éthiopienne enregistre des taux de croissance parmi les plus forts d'Afrique. (Michael TEWELDE / AFP)
A Senafe, au sud de l'Erythrée, à 30 km au nord de la frontière éthiopienne. Si avant la fin du conflit peu de personnes osaient se rendre dans ce no man's land entre les deux pays, aujourd'hui le commerce a repris de plus belle. Mais le change entre les monnaies des deux pays, le nafka érythréen et le birr éthiopien, reste le problème majeur des commerçants. «On fait du commerce, mais le taux de change est trop instable, trop variable, c'est illégal», précise l’un d’eux. Et Getachew Teklemariam, ancien conseiller du gouvernement éthiopien, ajoute: «Le taux de change est gouverné par des perceptions spéculatives des deux côtés de la frontière, alors qu'il devrait être guidé par une véritable stratégie commerciale.» Cela risque de créer une «guerre monétaire de l'ombre» entre les deux pays. Si la fin du conflit a suscité des espoirs de développement, ils se heurtent à la réalité d'un sous-développement érythréen, alors que l'économie éthiopienne enregistre des taux de croissance parmi les plus forts d'Afrique.