Les salariés du textile en Ethiopie sont les moins bien payés au monde, selon une étude

Le rapport, intitulé "Fabriqué en Ethiopie : les défis de la nouvelle frontière de l'industrie du vêtement", a été réalisé par le centre Stern de l'université de New York et rendu public mardi.

Des Ethiopiens travaillent dans la filière du textile, à Addis-Abeba, le 4 avril 2017.
Des Ethiopiens travaillent dans la filière du textile, à Addis-Abeba, le 4 avril 2017. (KAY NIETFELD / DPA / AFP)

Ils travaillent pour des marques comme Guess, H&M ou Calvin Klein. Les salariés des usines de vêtements d'Ethiopie sont les moins bien payés au monde, avec seulement 26 dollars – l'équivalent de 23 euros – par mois, selon un rapport rendu public mardi 7 mai. L'Ethiopie, qui ambitionne de devenir le principal centre manufacturier du continent, a séduit les investisseurs en mettant en avant la disposition des salariés à travailler pour moins de la moitié du salaire des travailleurs du Bangladesh, affirme le rapport du centre Stern (lien en anglais) de l'université de New York.

Selon cette étude, intitulée "Fabriqué en Ethiopie : les défis de la nouvelle frontière de l'industrie du vêtement", les salariés du Bangladesh, notoirement mal payés, gagnent 95 dollars par mois, ceux du Kenya 207 et ceux de Chine, 326 dollars.

Pas de salaire minimum dans le secteur privé

"Plutôt que la force de travail docile et bon marché promue en Ethiopie, les fournisseurs basés à l'étranger ont rencontré des employés qui sont malheureux de leur rémunération et de leurs conditions de vie, et qui veulent de plus en plus protester en cessant le travail ou même en démissionnant", décrit le directeur adjoint du centre Stern, Paul Barrett. Alors que l'Ethiopie n'a pas instauré de salaire minimum dans le secteur privé, le gouvernement et les marques mondiales "n'ont pas prévu que le salaire de base était tout simplement trop faible pour que les travailleurs puissent en vivre", ajoute Paul Barrett.