Le trafic d’écailles de pangolins continue : deux tonnes saisies au Cameroun

C’est une saisie hors normes qui a été opérée à Douala au Cameroun, jeudi 14 mars 2019. Deux tonnes d’écailles de pangolins, à qui on prête des vertus aphrodisiaques et que des trafiquants s’apprêtaient à vendre. Le pangolin, curieux mammifère à écailles est aujourd’hui menacé de disparition en raison de ce trafic.

Un pangolin soigné dans un zoo de Singapour le 14 décembre 2018.
Un pangolin soigné dans un zoo de Singapour le 14 décembre 2018. (ROSLAN RAHMAN / AFP)

"C'est une énorme saisie, d'habitude nous saisissons des dizaines, quelques fois des centaines de kilos d'écailles. Ici on parle de plus de deux tonnes !", s'est réjoui le directeur adjoint de l'ONG LAGA, Eric Kaba Tah, avec qui les forces de l'ordre ont conjointement mené l'opération.

Ce trafic semble sans fin, et nous nous en faisons régulièrement l’écho. En juillet 2017 trois tonnes d’écailles étaient saisies en Côte d’Ivoire. Malgré l'interdiction de son commerce depuis 2016, l'animal peut encore s'acheter dans des échoppes de Hong Kong, où ses écailles se vendent à prix d'or explique l’AFP. Selon l’ONG LAGA, la saisie est estimée à 150 millions de francs CFA (227 000 euros).

Ce pauvre mammifère fourmilier ne fait pourtant de mal à personne. Son seul problème : avoir le corps couvert d’écailles. En Asie du Sud-Est, elles passent pour avoir des vertus thérapeutiques et aphrodisiaques. Selon des études un million de pangolins ont été capturés en dix ans en Afrique et en Asie, et l’espèce est aujourd’hui menacée. Les trois tonnes d’écailles saisies en 2017 en Côte d’Ivoire représentent environ 4000 pangolins.

Et, en guise de saisie accessoire, les policiers ont également mis la main sur 200 défenses d’ivoire. Le réseau, selon les autorités, agit depuis le Nigeria et alimente l’Asie et le Moyen-Orient.