Le Parlement européen épingle le mégaprojet pétrolier de TotalEnergies en Ouganda

Ce projet, très critiqué pour son impact sur la biodiversité, a fait l'objet d'un texte non contraignant au Parlement européen jeudi.

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Une manifestation d'opposants au projet d'exploitation pétrolière en Ouganda, le 25 mars 2022 à Paris. (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP)

Une pierre dans le jardin de TotalEnergies. Le Parlement européen a épinglé, jeudi 15 septembre, le mégaprojet d'exploitation pétrolière du groupe français en Ouganda et Tanzanie. A main levée, les eurodéputés, réunis en session plénière à Strasbourg, ont adopté un texte non contraignant mais particulièrement critique à l'encontre des projets d'investissements dans les énergies fossiles en Ouganda et Tanzanie. L'institution se dit "vivement préoccupée par les violations des droits de l'Homme" commises dans ces deux pays, citant "arrestations, actes d'intimidation et harcèlement judiciaire contre les défenseurs des droits humains et les organisations non gouvernementales".

TotalEnergies a annoncé en février un accord d'investissement de 10 milliards de dollars avec l'Ouganda, la Tanzanie et le géant pétrolier chinois CNOOC dans le cadre du mégaprojet d'exploitation du pétrole ougandais. Il prévoit notamment un oléoduc de plus de 1 400 kilomètres reliant l'Ouganda à la Tanzanie, seize années après la découverte de réserves pétrolières dans la région du lac Albert, dans l'ouest de l'Ouganda.

Plus de 100 000 personnes risquent d'être déplacées

Le projet fait l'objet de vives critiques d'ONG de défense de l'environnement, qui estiment qu'il fait perdre l'accès à leurs terres à des dizaines de milliers d'agriculteurs et représente une menace écologique pour cette région riche en biodiversité. Estimant à plus de 100 000 les personnes risquant d'être déplacées sur le tracé de l'oléoduc, les eurodéputés réclament un "dispositif de compensation adéquat pour les personnes expropriées". En outre, le Parlement européen demande au groupe français de prendre une année avant le lancement du projet afin d'étudier "la faisabilité d'un autre itinéraire permettant de mieux préserver les écosystèmes protégés et sensibles et les ressources en eau de l'Ouganda et de la Tanzanie".

TotalEnergies a réagi jeudi en assurant que "ce projet constituait un enjeu majeur pour l'Ouganda et la Tanzanie". "Nous mettons tout en œuvre pour en faire un projet exemplaire en termes de transparence, de prospérité partagée, de progrès économique et social, de développement durable, de prise en compte environnementale et de respect des droits humains", assure le groupe.

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