Coronavirus Mers-CoV : les dromadaires du Kenya sous haute surveillance

L'Institut de recherche international sur l'élevage basé à Nairobi étudie les dromadaires, réservoir naturel du Mers-CoV, un coronavirus qui a fait près de 900 morts dans le monde depuis 2012.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Eleveurs de dromadaires, dans la région du lac Turkana au Kenya. (DENIS-HUOT MICHEL & CHRISTINE / / HEMIS.FR)

Dans la réserve naturelle de Kapiti, au sud du Kenya, on réalise régulièrement des tests PCR sur les dromadaires dans le but de détecter un cousin du Covid-19, le Mers-CoV, susceptible d'engendrer un jour, une pandémie mondiale.

Réservoir naturel du virus

Au Kenya, l'Institut de recherche international sur l'élevage étudie les dromadaires locaux depuis l'apparition en 2012 d'un inquiétant virus en Arabie saoudite, le Mers-CoV, pour coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient. Les dromadaires (Camelus dromedaries) constituent le réservoir naturel de ce virus.

Chauve-souris, pangolins, ou encore volailles... le monde découvre, avec la pandémie de Covid-19, l'ampleur des virus animaux qui totalisent 60% des maladies infectieuses humaines, selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Le Mers-CoV s'est propagé depuis 2012 dans plusieurs pays du Moyen-Orient, d'Afrique du Nord et d'Europe. La maladie a été signalée dans 27 pays, avec près de 2 500 cas et près de 900 décès, essentiellement en Arabie saoudite.

46% des dromadaires positifs

La manipulation des camélidés est aujourd'hui considérée comme une activité à haut risque. En Arabie saoudite, 67% des éleveurs ont été exposés, c’est-à-dire qu’ils ont développé des anticorps contre le virus. Selon l’OMS, c'est par le contact rapproché avec le dromadaire que le virus du Mers-CoV se transmet à l'homme. Les symptômes sont similaires au Covid-19 – fièvre, toux, difficultés respiratoires , contre un léger rhume pour le dromadaire, mais il est bien plus létal, tuant un malade sur trois. 

Une recherche dirigée par la biologiste kényane Alice Kiyonga en 2014 a révélé l'existence d'anticorps au Mers pour 46% des dromadaires étudiés, mais seulement pour 5% des humains testés : sur 111 chameliers et ouvriers d'abattoirs, seuls six étaient positifs.

"Le Mers-CoV que nous avons actuellement au Kenya ne se transmet pas facilement à l'homme"

Alice Kiyonga, biologiste basée à Nairobi

à l'AFP

Peur des variants

Ici aussi, l'émergence de variants qui pourraient rendre le Mers kényan plus contagieux pour l'homme, obsède les chercheurs. "C'est exactement comme avec le Covid, (...) des variants sont apparus, comme par exemple le B.1.1.7 (en Angleterre). C'est la même chose avec le Mers : le virus change tout le temps", souligne Eric Fèvre, spécialiste des maladies infectieuses à l'Institut de recherche international sur l'élevage et à l'Université de Liverpool (Royaume-Uni). "J'aimerais avoir une boule de cristal et pouvoir vous dire si cela ne deviendra jamais extrêmement dangereux pour les humains ou si, avec quelques mutations génétiques, ce sera le cas. Je pense que l'important est de maintenir un effort de surveillance (...) parce qu'ainsi nous serons prêts quand cela arrivera", poursuit Eric Fèvre.

En 2020, le groupe d'experts de l'ONU sur la biodiversité a averti que les pandémies seront à l'avenir plus fréquentes et plus meurtrières en raison de contacts accrus entre les animaux sauvages, le bétail et les humains, dus à la destruction de l'environnement.

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