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Coronavirus en Afrique : "Chacun y va de sa tisane, de sa décoction" contre le virus

En l'absence d'un médicament validé par des études scientifiques, les recettes de la médecine traditionnelle ont pignon sur rue dans plusieurs pays africains.

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Un guérisseur traditionnel tanzanien remet des herbes à bouillir à la maman d'un jeune enfant souffrant d'une forte fièvre, le 31 janvier 2019 à Zanzibar, en Tanzanie. (NICKY MORAN WOO / X06629)

A Madagascar, la Grande île de l'océan Indien, certains y croient dur comme fer, et pas seulement dans les populations rurales habituées à recourir aux plantes médicinales pour se soigner. Là-bas, des enseignants-chercheurs proposent des recettes pour se protéger médicalement contre le coronavirus. C'est le cas de Herilala Léa Rasoanaivo, enseignant-chercheur à l'université d'Antananarivo, la capitale malgache. Il s'intéresse à une recette à base de feuilles de mûrier, un arbuste aux vertus "antioxydantes" qui contiendrait de la protéine, de l'huile, du sucre et de la fibre.

"Vous prenez trois feuilles de mûrier, cueillies avant le lever du soleil pour qu'elles ne perdent pas leurs potentialités. Puis vous les plongez dans de l'eau chaude à 80° pendant cinq à quinze minutes", explique l'enseignant-chercheur malgache à L'Express de Madagascar. Le journal ne précise pas les doses à prendre, ni pendant combien de temps il faut ingurgiter cette tisane.

Chacun y va de sa tisane, de sa décoction pour se protéger, pour renforcer ses anticorps contre le coronavirus

Editorial du 24 mars

L'Express de Madagascar

Pour l'instant, on ignore tout sur un quelconque effet de ces potions magiques sur le coronavirus. Ce qui est certain, c'est qu'elles ont "un effet positif sur le mental" de ceux qui les consomment. Les Malgaches ont cette habitude de recourir aux remèdes de grand-mère à chaque épidémie. C'est une tradition chez nous, explique une dame qui vend du gingembre et des citrons dans un marché d'Antananarivo.

Le mélange du gingembre, du citron et de l'oignon dans une infusion donne du fil à retordre au virus

Une vendeuse malgache de plantes médicinales

à l'AFP

Non loin de Madagascar, sur l'île française de La Réunion dans l'océan Indien, Claude Marodon suit attentivement les efforts engagés par la communauté scientifique pour trouver un remède contre le coronavirus. C'est un spécialiste des plantes médicinales. Dans une interview publiée sur le site Clicanoo, il reconnaît volontiers que certaines infusions de plantes peuvent aider à renforcer l'immunité. Mais il appelle à la prudence concernant le Covid-19, un virus nouveau contre lequel le corps n'a pas encore appris à se défendre.

"Je le répète, il n'y a pas de plantes anti-virales. On peut stimuler l'immunité avec le curcuma, le gingembre, la vitamine C que l'on trouve dans les agrumes. Tout cela donne une certaine résistance. Mais si le corps n'est pas habitué à se défendre contre le virus, cela ne peut pas fonctionner", tranche-t-il. Claude Marodon est formel, pour lui, dire qu'une plante soigne le coronavirus, c'est tout simplement " du charlatanisme".

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