Chasse à la baleine par le Japon : l’Afrique concernée aussi

L’annonce du retrait du Japon de la Commission baleinière internationale (CBI), afin de pouvoir reprendre la chasse commerciale est un mauvais coup porté aux défenseurs des cétacés. Parmi eux, certains pays bordant l’Atlantique Sud, comme le Gabon et l’Afrique du Sud, réclament en vain la création d’un sanctuaire entre Amérique et Afrique. Or, c’est précisément une zone de chasse pour les bateaux japonais. 

Baleine à bosse photographiée dans les eaux des Tonga.
Baleine à bosse photographiée dans les eaux des Tonga. (GEORGE KARBUS PHOTOGRAPHY / CULTURA CREATIVE)

Côté africain, la proposition de sanctuaire est soutenue par l’Afrique du Sud et le Gabon. Depuis 2001, la création de la zone préservée est systématiquement proposée et… rejetée à chaque réunion de la Commission baleinière internationale. En 2012, 2014 et enfin 2016, le camp dit "des pays chasseurs" mené par le Japon a obtenu gain de cause.

Il s’agit de créer une aire de protection intégrale de 20 millions de km². A la fois lieu de reproduction, mais aussi d’étude de l'alimentation ou des couloirs de migration des baleines. Car l’Atlantique Sud héberge ou accueille plus de 50 espèces de cétacés. On y trouve des baleines bleues, des rorquals, des baleines à bosse et des cachalots. Une zone essentielle de migration entre les eaux nourricières de l’Antarctique et celles plus chaudes des tropiques.

1000 baleines chassées par an

Selon les porteurs du projet de sanctuaire, "environ 71% des quelque trois millions de baleines tuées dans le monde entre 1900 et 1999 ont été capturées dans l’hémisphère Sud", rapporte Gabon Review. Chaque année, un millier de baleines y sont tuées.

Aucun des pays d’Afrique n’a de tradition de chasse à la baleine. Mais certains, comme le Sénégal, ont une position très ambiguë. Bien qu’ayant ratifié la convention sur la conservation des ressources baleinières, le pays n'a pas interdit la chasse dans ses eaux. "N’ayant pas une culture de chasse de ces gros mammifères marins, ce sont les navires japonais, à l’issue d’accords de pêche signés avec l’Etat, qui se chargent d’exploiter ces espèces", relaie le site Rewni.com.

Le Maroc soutient le Japon

Le Maroc a même suivi le Japon, l’Islande et la Norvège pour rejeter la création du sanctuaire. En fait, la question se pose de l’impact des grands cétacés sur la pêche. Certains lient la réduction des stocks de poisson à la présence des cétacés. En Afrique, la pêche génère sept millions d’emplois, dont 600 000 pour le seul Sénégal. Dans l’attente d’études scientifiques, disent les pays pêcheurs, la chasse se poursuit.

Jusqu’à présent, le Japon pratiquait une chasse dite scientifique, qu’il prétend respectueuse des espèces. La décision de Tokyo semble donner le signal de la reprise d’une chasse de plus grande ampleur.