L’Ecosse célèbre aussi l’anniversaire de "sa" pyramide… mais avec un parfum de polémique

L’Egypte ne semble pas apprécier que le Musée national d’Ecosse expose un bloc de la grande pyramide de Gizeh. Cette pierre, supposée provenir de la couverture brillante de la pyramide de Khéops, a été ramenée en Ecosse à la fin du XIXe siècle. La polémique porte sur le fait que Le Caire doute de la légalité de la présence de ce bloc à Edimbourg.

Le site des pyramides de Gizeh (Le Caire, Egypte)
Le site des pyramides de Gizeh (Le Caire, Egypte) (MARTHELOT / AFP)

"Cette pierre, pesant 298 kg, faisait partie de la couche extérieure en calcaire blanc qui rendait lisses les côtés de la pyramide. Elle fait 68,5 cm de large, 54,7 cm de haut et 86 cm d’épaisseur", explique le journal égyptien Al Ahram. Le Musée national d'Ecosse a décidé de l'exposer à l'occasion du 200e anniversaire de l'astronome écossais Piazzi Smyth, qui faisait des études sur la pyramide de Khéops et dont l'équipe a trouvé la pierre faisant aujourd'hui polémique.

Le musée présente "sa" pierre ainsi : "Ce bloc est l’une des rares pierres d’emboîtement de la Grande pyramide de Gizeh, construite pour le roi Khufu (Khéops). C'est la seule pierre d'enveloppe pyramidale exposée en dehors de l'Egypte." Son site explique que "la pierre est arrivée au Royaume-Uni en 1872 à la suite d'un travail entrepris par Charles Piazzi Smyth, astronome royal d'Ecosse. En 1865, Piazzi Smyth réalisa la première étude, en grande partie précise de la Grande pyramide, qu'il publia dans plusieurs ouvrages et articles. Le vice-roi d'Egypte Ismaïl Pacha a officiellement autorisé Piazzi Smyth à faire ce travail. Il a également bénéficié de l'assistance du Service des antiquités égyptiennes et du gouverneur de Gizeh. Ces autorisations sont décrites dans ses publications, y compris son livre de 1867 intitulé La vie et l'œuvre de la Grande pyramide (vol. 1, p. Ix, 4-8, 29-30)."

Des débats qui reviennent régulièrement

Or, l'Egypte semble douter de ces autorisations. Le gouvernement égyptien a demandé à voir tous les documents prouvant que la pierre a été légalement acquise.  Le Caire a averti "que l'acquisition d'antiquités sans autorisation officielle était un crime", note le Guardian. Dans le journal britannique, Shaaban Abdel-Gawad, chef du département au ministère des Antiquités, a déclaré : "Si nous découvrons que quelque chose a quitté l'Egypte illégalement, nous travaillons pour le rapatrier en Egypte, comme notre droit le permet."

Les débats sur les antiquités égyptiennes détenus par les musées occidentaux reviennent régulièrement. L'Egypte réclame ainsi depuis lontemps que le Royaume-Uni restitue la pierre de Rosette, entrée au British Museum en 1802. Tout dernièrement, le directeur du nouveau Grand musée Egyptien, situé au pied des pyramides de Gizeh, a ajouté sa voix à cette demande : "Ce serait formidable de retrouver la pierre de Rosette en Egypte".  Lucide, il a ajouté : "Mais cela nécessitera encore beaucoup de discussions et de coopération..."