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Egypte : El-Beblaoui, El-Baradei, qui sont les hommes forts de la transition ?

La présidence a nommé l'ancien ministre des Finances Hazem El-Beblaoui au poste de Premier ministre du gouvernement de transition.

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Hazem El-Beblaoui, le 7 septembre 2011, lors d'une réunion de ministres des Finances du Golfe et du monde arabe, à Abou Dabi. (JUMANA EL-HELOUEH / REUTERS)

Une épine de moins dans le pied de la présidence égyptienne. L'ancien ministre des Finances Hazem El-Beblaoui a été nommé Premier ministre du gouvernement de transition, mardi 9 juillet. Les salafistes d'Al-Nour, deuxième parti islamiste d'Egypte après les Frères musulmans, ont annoncé qu'ils ne s'opposeraient pas à sa nomination. Le chef de l'Etat par intérim, Adly Mansour, a également nommé Mohamed El-Baradei vice-président, chargé des Affaires étrangères. Mais Al-Nour a dit étudier encore la réponse à apporter à cette annonce alors que le parti avait bloqué, dimanche, sa nomination au poste de Premier ministre. Francetv info vous en dit plus sur ces nouveaux hommes forts de la transition.

Hazem El-Beblaoui, un homme du sérail

Le nouveau Premier ministre, âgé de 76 ans, est un économiste de tendance libérale. Il a été vice-Premier ministre et ministre des Finances en 2011, durant la période de transition sous la direction militaire qui a suivi la chute de Hosni Moubarak. Il a fait une longue carrière dans plusieurs institutions économiques privées et publiques, égyptiennes et internationales. Il a notamment dirigé la Export Development Bank of Egypt de 1983 à 1995, avant de rejoindre la commission économique et sociale de l'ONU pour l'Asie occidentale, qui regroupe de nombreux pays arabes.

Hazem El-Beblaoui, Premier ministre égyptien, alors ministre des Finances, à Abou Dhabi, le 7 septembre 2011. (JUMANA EL-HELOUEH / REUTERS)

En octobre 2011, il démissionne pour protester après la mort de manifestants coptes (chrétiens d'Egypte) lors de violents affrontements avec l'armée devant le bâtiment de la télévision d'Etat. Mais sa démission est refusée par le Conseil militaire. Il quitte ses fonctions en décembre de la même année, lors d'un changement de gouvernement.

Mohamed El-Baradei, représentant de l'opposition

Choisi par l'opposition égyptienne, Mohamed El-Baradei est populaire parmi les militants pro-démocratie pour ses combats contre Hosni Moubarak, puis Mohamed Morsi. Chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de 1997 à 2009, il est réputé intègre et austère. C'est lorsqu'il était à la tête de cette organisation "qu'il s'est fait remarquer par ses critiques à l'égard de la politique américaine, jugée trop belliqueuse", note Libération. En 2005, il a reçu le prix Nobel de la Paix pour son travail et celui de l'AIEA contre la prolifération des armes nucléaires.

Mohamed El-Baradei "fait figure d'homme politique moderne malgré ses 71 ans", souligne Libération. Il séduit dans les milieux de la jeunesse éduquée, des intellectuels et des classes moyennes urbaines. "Mais ses airs d'intello et ses nombreuses années passées à l'étranger ont aussi donné de lui l'image d'un homme d'en haut, coupé du peuple et des réalités", explique le quotidien. Avant la chute de Moubarak en février 2011, le pouvoir avait lancé une virulente campagne contre Mohamed El-Baradei. Des photos du mariage de sa fille Laïla, où l'on voyait des verres de vin ou la jeune femme en maillot de bain, avaient alors été publiées dans la presse.

Mohamed El-Baradei (G) discute avec le président égyptien par intérim Adly Mansour, au Caire (Egypte), le 6 juillet 2013. (EGYPTIAN PRESIDENCY / AFP)

A l'automne 2011, alors que Le Caire est le théâtre de nouvelles manifestations contre le pouvoir détenu par le maréchal Hussein Tantaoui, ce fils d'avocat se mêle aux manifestants. Mais en 2012, il déclare forfait pour la course à la présidence. Selon lui, le pouvoir militaire de transition perpétue le système répressif d'autrefois. Désormais, il est la voix du Front du 30 juin, qui rassemble les plus importants partis et mouvements hostiles au président déchu Mohamed Morsi.

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