Refus des bagages en soute, annulation de vols : les mesures de sécurité prises après le crash de l'avion russe en Egypte

Six jours après le crash de l'Airbus A321 russe en Egypte, plusieurs pays et compagnies aériennes ont renforcé leurs mesures de sécurité afin de protéger les voyageurs.

Des touristes font la queue à l\'entrée du Terminal 1 de l\'aéroport égyptien de Charm el-Cheikh vendredi 6 novembre 2015.
Des touristes font la queue à l'entrée du Terminal 1 de l'aéroport égyptien de Charm el-Cheikh vendredi 6 novembre 2015. (MAXPPP)

C'est un coup dur pour le tourisme égyptien. Après le crash d'un avion russe dans le désert du Sinaï, de nombreux pays et compagnies aériennes ont adopté de nouvelles mesures de sécurité afin de protéger les voyageurs.

Samedi 31 octobre, l'A321-200 de la compagnie russe Metrojet s'est écrasé ving-trois minutes après son décollage près de la station balnéaire de Charm el-Cheikh, faisant 224 morts, principalement russes : la pire catastrophe aérienne pour le pays. Le groupe jihadiste Etat islamique (EI) a revendiqué le crash, sans donner de preuves. Depuis jeudi, Londres et Washington jugent probable qu'une bombe soit à l'origine du crash, écartant toute piste accidentelle.

La suspension de certains vols en direction et en provenance de Charm el-Cheikh

La Russie a annoncé vendredi la suspension de ses vols vers l'Egypte, sur recommandation de ses services secrets. "Je considère qu'il est nécessaire de suspendre les vols russes vers l'Egypte jusqu'à ce que nous puissions établir les vraies raisons de ce qui s'est passé", a estimé le chef des services secrets russes, précisant qu'il s'agit avant tout "des lignes touristiques". Londres a aussi suspendu tous les vols de compagnies britanniques au départ de Charm el-Cheikh. 

De nombreuses compagnies aériennes les ont imités : c'est le cas du géant allemand de l'aviation Lufthansa, de la compagnie turque Turkish Airlines, de la compagnie scandinave SAS et de la compagnie britannique Easyjet. 

Le rapatriement des voyageurs

Destination privilégiée des touristes du pays, 45 000 Russes se trouvent actuellement en Egypte, dont presque la moitié à Charm el-Cheikh. Le président, Vladimir Poutine, a ordonné vendredi au gouvernement d'organiser le rapatriement de ces voyageurs.

De son côté, le gouvernement britannique a annoncé jeudi soir que 29 vols seraient prévus pour rapatrier les 20 000 touristes britanniques présents dans la station balnéaire, mais les autorités égyptiennes ont suspendu l'arrivée de ces vols vendredi matin. La compagnie Lufthansa a précisé qu'elle organiserait avec le ministère allemand des Affaires étrangères le rapatriement de ses clients bloqués en Egypte.

La France, tout comme la Belgique, a déconseillé à ses ressortissants de se rendre à Charm el-Cheikh, sauf "raison impérative, notamment professionnelle".

Le refus des bagages en soute 

Conséquence de l'inquiétude des compagnies aériennes, la compagnie néerlandaise KLM a interdit "par précaution" les bagages en soute sur son vol Le Caire-Amsterdam vendredi, après que Londres et Washington ont ouvertement évoqué la piste d'une bombe.

Selon Londres, seuls les bagages à main sont autorisés sur les vols britanniques, car "les aires de stockage de l'aéroport ne permettent pas d'accueillir plus de 120 tonnes de bagages", explique la compagnie Easyjet. "Cet important volume de bagages affecterait le bon écoulement du trafic aérien national et international." Ces bagages doivent être acheminés séparément, dans d'autres avions.

Washington a aussi demandé à élargir le contrôle des objets embarqués sur les vols à destination des Etats-Unis dans "certains" aéroports du Moyen-Orient. 

Le déploiement de forces spéciales

L'armée égyptienne a envoyé vendredi des forces spéciales à l'aéroport de Charm el-Cheikh pour renforcer la sécurité des touristes étrangers présents à l'aéroport.

"Nous sommes complètement prêts à coopérer avec tous nos amis pour nous assurer que nos aéroports présentent la sécurité nécessaire pour les personnes que nous accueillons", a déclaré jeudi 5 novembre Abdel Fattah al-Sissi, le président égyptien.