Coronavirus en Afrique : des "héroïnes" du secteur de la santé racontées par les médias

Comme partout dans le monde, les professionnelles de la santé sont en première ligne dans la lutte contre le Covid-19 sur le continent. Revue de presse. 

Une infirmière vérifie une perfusion dans un dispensaire en République démocratique du Congo. 
Une infirmière vérifie une perfusion dans un dispensaire en République démocratique du Congo.  (DELOCHE / BSIP)

Les femmes sont à la fois les plus vulnérables et les plus impliquées dans la lutte contre la pandémie. Les Africaines, qui travaillent dans le secteur de la santé, ne font pas exception et la presse se fait l'écho de leur engagement au quotidien. 

A la force de ses bras en Ouganda

En Ouganda, ce sont les prouesses d'une infirmière que raconte un journal ougandais. Doris Okudinia est infirmière et son geste salvateur a fait le tour des réseaux sociaux dans son pays. Le 11 avril 2020, elle a parcouru deux kilomètres en poussant un patient en fauteuil roulant du centre de santé d'Ediofe à l'hôpital régional d'Arua, dans le nord du pays, après avoir attendu en vain l'ambulance du district, explique le Daily Monitor.

"Ce n'est pas moi qui ai décidé d'utiliser le fauteuil roulant. (La compagne du patient) a crié : 'Si vous avez un fauteuil roulant, laissez-nous l'utiliser pour le porter.' Je l'ai ensuite aidée, pensant que si l'ambulance nous rattrapait, elle nous prendrait alors en charge", a confié l'infirmière au journal. D'autant qu'avant de transporter ainsi le patient, le centre de santé avait fait appel à un "boda boda" (moto-taxi) qui a refusé la course pour respecter les consignes édictées dans le pays pour éviter la propagation du Covid-19. 

"C'est une véritable héroïne (...). Je rends hommage à Sœur Doris et à tous nos travailleurs de la santé qui sacrifient leur vie pour sauver des milliers de vies chaque jour", avait écrit la ministre ougandaise de la Santé dans un tweet pour saluer le geste de l'infirmière. Un sens du sacrifice qui ne semble pas faire l'unanimité. Selon le Daily Monitor, l'infirmière serait depuis harcelée par les autorités du district d'Arua prises en défaut. 

Une "armée de femmes" en Ethiopie contre le Covid-19

En Ethiopie, l'une des stratégies dans la lutte contre le nouveau virus repose sur "une armée" de  professionnelles de la santé, rapporte un article de la Thomson Reuters Foundation. "Dans les villes tentaculaires et les villages isolés, cette main-d'œuvre féminine de 40 000 personnes est chargée d'améliorer l'hygiène, de surveiller les nouveaux cas et de dissiper les mythes sur le Covid-19, qui a infecté plus de 10 000 personnes en Afrique", peut-on y lire.

"La confiance (que ces femmes) ont bâtie au fil des années nous aidera à atteindre les communautés le plus tôt possible", a confié Temesgen Ayehu du ministère éthiopien de la Santé. Bien qu'il s'étoffe encore, le réseau n'est pas récent. Il sert à répondre aux préoccupations sanitaires des différentes communautés depuis des années. 

"La troisième ligne de défense" 

Maya Morsy, a la tête du Conseil national des femmes en Egypte (National Council for Women, seule organisation féminine indépendante du pays), a rendu début avril hommage aux femmes médecins et infirmières. Elle a comparé leur rôle actuel à celui qu'elles ont eu pendant la révolution. 

"Comme les Egyptiennes ont été la troisième ligne de défense de la patrie lors de la révolution du 30 juin (2011), les médecins et les infirmières sont maintenant la troisième ligne de défense de la patrie face à cette pandémie", a-t-elle déclaré, rapporte Egypt Today

(Le conseil des femmes d'Egypte rend hommage aux femmes medecins et infirmières qui luttent contre le coronavirus)   

13 femmes ministres de la Santé aux prises avec le nouveau coronavirus

Le média kényan Capital FM a fait le décompte : 13 Africaines sont actuellement à la tête d'un ministère de la Santé qui doit organiser la lutte contre le Covid-19. On les retrouve en Angola, au Burkina Faso, au Congo, en Egypte, en Erythrée, en Ethiopie, en eSwatini, en Guinée Bissau, au Liberia, au Mozambique, en Somalie, en Tanzanie et en Ouganda.

A l'heure où le constat mis en lumière par le magazine Forbes se confirme – les pays dirigés par des femmes sont ceux qui ont le mieux géré pour l'heure la pandémie –, ce leadership féminin est de bon augure pour ces pays. L'article a d'ailleurs été repris par Amina Jane Mohammed, la vice-secrétaire générale des Nations unies sur son compte twitter, à la grande joie de son auteur Patrice Apkah qui a publié une biographie plus ou moins étoffée de ces femmes politiques en charge de la santé de leurs compatriotes sur le continent.