Affaire Regeni : Rome juge "inacceptable" que l’Egypte dédouane les policiers suspects

Près de cinq ans après le meurtre de l’étudiant italien au Caire, l’Italie continue d'exiger la vérité.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Le 25 juillet 2016 à Rome (Italie), un homme tient une photo de Giulio Regeni pour réclamer la vérité sur sa disparition et sa mort. (STEFANO RONCHINI / CITIZENSIDE / AFP)

Le parquet égyptien a annoncé le 30 décembre 2020 avoir dédouané cinq policiers mis en cause dans le meurtre de l’étudiant italien Giulio Regeni en 2016 au Caire. La décision a été jugée  "inacceptable" par le gouvernement italien qui réclame la vérité sur ce crime barbare.

Rappel des faits

En janvier 2016, l'étudiant italien Giulio Regeni, alors âgé de 28 ans, avait été enlevé par des inconnus et son corps retrouvé torturé et atrocement mutilé quelques jours plus tard dans la banlieue du Caire. Le doctorant italien de l'université britannique de Cambridge, spécialisé dans les mouvements syndicaux, était en Egypte pour une thèse sur les mouvements ouvriers, un sujet sensible pour un gouvernement qui craint les grèves et les troubles sociaux. Ses meurtriers n'ont jamais été retrouvés.

En 2018, des enquêteurs italiens ont identifié cinq suspects, membres des services de renseignements, mais cette thèse a aussitôt été rejetée par Le Caire.

"Auteur inconnu"

Cette affaire est peut-être une illustration de l’état de la justice actuelle en Egypte. Près de cinq ans après le meurtre de Giulio Regeni, le procureur général égyptien estime qu'il n'y a "pas lieu de poursuivre une action" devant une juridiction criminelle car l'auteur est "inconnu". Il promet la poursuite des investigations et demande aux enquêteurs d’exclure les accusations portées à l’encontre des suspects. Il s'agit de cinq membres, dont quatre officiers, de la Sûreté nationale autrement dit les services de renseignements.

 (ELIANO IMPERATO / CONTROLUCE)

Exigence de vérité

Cette affaire avait empoisonné les relations entre l’Egypte et l’Italie. Manque de transparence, coopération limitée, versions pas crédibles et grand flou. Rome a régulièrement accusé les autorités égyptiennes de ne pas coopérer, voire de tenter d'orienter les enquêteurs italiens vers de fausses pistes.

Aujourdhui, le ministère italien des Affaires étrangères promet de "continuer à agir à tous les niveaux, y compris l'Union européenne" pour faire éclater la vérité. L'Italie souhaite que le parquet général égyptien "partage cette exigence de vérité" et apporte "toute la collaboration nécessaire" au parquet de Rome dans son enquête.

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