Zimbabwe : le nouveau billet de 50 dollars insuffisant pour acheter une miche de pain

L'an dernier, le taux d'inflation du Zimbabwe a atteint plus de 800% avant de commencer à baisser. 

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Un agent de sécurité compte des petites coupures en dollars américains dans la zone rurale de Mutoko au Zimbabwe, le 14 mars 2019.  (JEKESAI NJIKIZANA / AFP)

Un nouveau billet de banque de 50 dollars zimbabwéens, plus grosse coupure à ce jour, est entré en circulation dans ce pays d'Afrique australe plombé par l'inflation et vaut... à peine 50 cents d'euro (60 cents de dollar). La Banque centrale du Zimbabwe a annoncé l'introduction de ce nouveau billet mardi 6 juillet, insuffisant pour acheter une miche de pain. Il a immédiatement ravivé les souvenirs de l'hyperinflation observée il y a plus de dix ans : quand la hausse des prix était devenue incontrôlable, les coupures de l'époque pouvaient atteindre jusqu'à 100 milliards de dollars.

"Marché noir"

Hopewell Chin'ono, journaliste primé et critique du gouvernement, s'est moqué du nouveau billet de banque qui, au taux de change officieux du marché noir, ne vaudra que 0,30 euro (0,35 dollar américain) : "Cela vous dit quelque chose sur l'inflation, quand vous avez besoin de 3 billets de votre plus haute dénomination monétaire pour acheter une bière convenable au supermarché", a-t-il tweeté.

Hyperinflation

Le nouveau billet est le dernier d'une série introduite depuis février 2019, quand le Zimbabwe est revenu à l'utilisation de la monnaie locale. Le dollar américain était utilisé depuis 2009, lorsque le pays s'est débarrassé de sa propre monnaie sans valeur après que l'hyperinflation a atteint un pourcentage de 500 milliards. Aujourd'hui, le dollar zimbabwéen alimente les craintes d'un retour de cette hyperinflation qui anéantit l'épargne et terrasse l'économie, avec des bonds quotidiens vertigineux des prix des biens et des services. L'an dernier, le taux d'inflation du Zimbabwe a grimpé en flèche pour atteindre plus de 800%, mais il a commencé à diminuer, le taux de juin en glissement annuel étant officiellement de 106,64%, selon l'Agence nationale des statistiques. La Banque centrale a prévu un ralentissement de l'inflation à 55% en juillet.

Etranglé financièrement, le pays fait face aussi à une recrudescence de la pandémie. Après avoir minoré le Covid-19, le Zimbabwe se retrouve dans le trio de tête de pays africains enregistrant le plus de contaminations avec la Tunisie et l'Afrique du Sud, où se concentrent plus de la moitié des nouveaux cas détectés sur le continent.

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