Urgence climatique en Afrique australe : 45 millions de personnes menacées

L’Afrique australe est en proie à une urgence climatique. 45 millions de personnes souffrent de la faim dans la région.

Une mère malgache quitte le centre de distribution de nourriture du Programme alimentaire mondial de Maheny à Madagascar, le 11 décembre 2018.
Une mère malgache quitte le centre de distribution de nourriture du Programme alimentaire mondial de Maheny à Madagascar, le 11 décembre 2018. (WFP/Giulio d'Adamo)

L’alerte est donnée par le PAM, le Programme alimentaire mondial. L’Afrique australe est en proie à une urgence climatique. 45 millions de personnes souffrent de la faim dans la région. De longues périodes de sécheresse suivies par des inondations catastrophiques ont mis à mal les cultures, et les récoltes n’ont jamais été aussi faibles. Or, les populations commencent la période de soudure alimentaire et les récoltes ne seront pas faites avant avril-mai.

Plus de huit millions d’habitants sont en danger dans les huit pays les plus durement touchés : Zimbabwe, Zambie, Mozambique, Madagascar, Namibie, Lesotho, eSwatini et Malawi. Au Zimbabwe, la moitié de la population est en "situation d’insécurité alimentaire grave", selon les termes du PAM. Quant à la Zambie, qualifiée de traditionnel grenier à blé de la région, elle "doit maintenant restreindre ses exportations de céréales et accepter une aide extérieure".

Une seule récolte normale en cinq ans

Il y a cette urgence à aider la population, mais il faut également travailler à renforcer la résilience des personnes touchées, car les événements climatiques se succèdent à un rythme de plus en plus élevé.

"L'Afrique australe, avec des températures qui augmentent deux fois plus que la moyenne mondiale et la plupart de ses aliments produits par des agriculteurs de subsistance entièrement dépendants de pluies de plus en plus imprévisibles, n'a eu qu'une seule saison de croissance normale au cours des cinq dernières années", explique le PAM. Et la récolte 2020 s’annonce mauvaise avec des pluies tardives et des températures élevées dans les mois à venir.

L'argent manque

Mais, faute de moyens, le PAM peine à venir en aide aux populations. Le coût est estimé à 489 millions de dollars et l’organisme en a obtenu moins de la moitié. "Si nous ne recevons pas les fonds nécessaires, nous serons dans l’obligation de diminuer notre aide alimentaire auprès des plus démunis", a déclaré Lola Castro, la directrice régionale pour l’Afrique australe du PAM.

En Afrique du Sud, les conséquences pour la population sont moins sévères. En revanche, l’épisode de sécheresse est tout aussi catastrophique. Les éleveurs réduisent la taille de leurs troupeaux qu’ils ne peuvent alimenter correctement. Et la faune sauvage est plus encore touchée, au point que certains parcs ont annulé les safaris comme nous le montre le reportage de l’AFP.