Pétrole : le Nigeria veut augmenter sa production pour faire face à la chute des cours due au coronavirus

Le gouvernement nigérian a décidé de revoir son budget à la baisse et de stimuler sa production de pétrole pour faire face à l'effondrement des cours du baril dû à l'épidémie mondiale de nouveau coronavirus.

Une torchère brûle sur le puits de pétrole de Batan exploité par Chevron et par la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC). Le 26 mars 2018.
Une torchère brûle sur le puits de pétrole de Batan exploité par Chevron et par la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC). Le 26 mars 2018. (PIUS UTOMI EKPEI / AFP)

Le Nigeria, première économie d'Afrique et plus grand producteur de pétrole africain, pourrait bien subir de plein fouet les effets de l'épidémie mondiale en 2020. Largement dépendant des revenus de l'or noir, le pays devrait voir ses recettes diminuer dans la foulée de la chute des prix du pétrole dans un contexte de crise entre les producteurs majeurs que sont l'Arabie Saoudite et la Russie, accentuée par l'épidémie mondiale de nouveau coronavirus. Le président Muhammadu Buhari a donc demandé à ses collaborateurs de lui présenter un rapport dès le 11 mars 2020 avec des propositions pour limiter les retombées économiques de la crise sanitaire, a expliqué la ministre des Finances Zainab Ahmed à la presse au sortir d'une réunion.

Dépasser les 2 millions de barils/jour actuels

"Il est très clair que nous devrons revoir le prix de référence du pétrole brut que nous avons établi à 57$ le baril" pour l'année 2020, a-t-elle déclaré. "La conséquence, c'est qu'il y aura une baisse des revenus dans le budget, ce qui signifiera une réduction de la taille du budget." De son côté, le ministre du Pétrole, Timipre Sylva, a déclaré qu'à court terme, le Nigeria chercherait à booster sa production de pétrole au-dessus des 2 millions de barils par jour actuels pour compenser une partie de la baisse des prix, sans toutefois donner d'objectif chiffré.

De toute évidence, nous allons augmenter notre production, car c'est désormais la tendanceTimipre Sylva, ministre nigérian du PétroleConférence de presse du 9 mars 2020

Le Nigeria, membre de l'OPEP, espère que les géants pétroliers russe et saoudien reprendront les discussions lorsqu'ils commenceront à sentir l'impact concret de la baisse des cours. "Nous pensons que dans les prochains jours, lorsque nous aurons tous commencé à voir l'effet de la baisse des prix, l'OPEP et les non-membres de l'OPEP, nous devrons peut-être nous réunir à nouveau et reconsidérer nos positions", a déclaré le ministre Sylva.

Avant les effets du nouveau coronavirus sur l'économie mondiale, le Nigeria était déjà dans une position délicate, peinant à voir sa croissance repartir après avoir traversé en 2016-2017 une récession majeure, causée par les chute des cours mondiaux du brut. Car, malgré les promesses faites par les autorités d'Abuja – qui tire environ 90% de ses recettes du brut de diversifier l'économie, le pays le plus peuplé d'Afrique (près de 200 millions d'habitants) reste très dépendant de l'or noir.