La France réoriente son aide au développement vers les pays les plus fragiles

Paris veut réorienter l’action de l’Agence française de développement vers les pays africains les plus fragiles. L’AFD, bras de la coopération française, va distribuer un milliard d'euros supplémentaire sous forme de dons. Il s’agit d’aider les pays les plus pauvres à réussir leur décollage économique. Leur stabilité et leur sécurité étant perçues comme étroitement liées à celles de l’Europe.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian en compagnie du président Nigérien Mahamadou Issoufou.
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian en compagnie du président Nigérien Mahamadou Issoufou. (BOUREIMA HAMA/Afp)

«Nous avons fait le choix de concentrer nos moyens sur les pays pauvres et fragiles, en augmentant considérablement la part des dons», affirme le ministre français des Affaires étrangères. Jean-Yves Le Drian «ne veut plus que l’aide française aille en priorité aux pays les plus solvables, mais au contraire vers ceux qui en ont le plus besoin». Un milliard d'euros supplémentaire ira en 2019 à ces pays. Il sera question désormais d'investissement solidaire, plutôt que d'aide au développement.

En conséquence, l’aide bilatérale va fortement augmenter et se focaliser sur les pays les plus fragiles du continent africain, essentiellement la zone sahélienne. L’objectif est de lutter contre la pauvreté qui nourrit l’insécurité (terrorisme) et les migrations. Il s’agit de rendre la zone sahélienne, qui cumule les handicaps environnementaux, sociaux et économiques, plus résiliente et de favoriser son décollage économique. Une vision également partagée par l'Europe.

Jusqu'à présent, 50% des engagements financiers de l'AFD dans les pays étrangers ont été destinés à l'Afrique, 20% à l'Asie et dans le Pacifique, 14% à l'Amérique Latine et dans les Caraïbes et 16% au Proche et Moyen-Orient.

L'AFD augmente ses dons
En 2017, l'Agence française de développement a expertisé et financé près de 752 projets, tels que l'adduction en eau potable pour 822.000 personnes, 3395 MW d'énergies renouvelables installées ou encore la scolarisation de 400.000 jeunes filles... La lutte contre le changement climatique a bénéficié de 4 milliards d'euros de financements.

L’AFD, dont le métier est de donner, de prêter, et d'expertiser, a atteint 10,4 milliards d'euros d’engagements en 2017 et vise les 14 milliards en 2019. Ce qui demande une montée en puissance rapide et des recrutements massifs.

Un milliard d'euros supplémentaire sous forme de dons pour 2019, un pas important en direction de l’objectif fixé par Emmanuel Macron de porter l'aide française à 0,55% du PNB, contre 0,43% en 2017.