Côte d'Ivoire : le deuxième producteur mondial de noix de Cajou veut transformer 50% de sa production

La Côte d'Ivoire veut faire monter en puissance son agro-industrie. Abidjan va se doter de trois nouvelles usines de traitement de la noix de Cajou.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Séchage des noix de cajou en Côte d'Ivoire, le 5 mai 2013. (SIA KAMBOU / AFP)

La Côte d’Ivoire, deuxième producteur mondial de noix de Cajou derrière le Vietnam, a décidé de tripler sa capacité de transformation de la noix brute, appelée aussi anacarde. Le pays va lancer la construction trois usines de conditionnement en 2022, avec l'aide de la Banque mondiale.

Trois usines de transformation

En 2020, la production brute de cajou a atteint pour la première fois le million de tonnes – contre 850 000 en 2019 selon les chiffres officiels. Mais seuls 10% de cette production ont été transformés sur place.

La noix de cajou brute est aujourd’hui essentiellement exportée vers l'Inde, le Vietnam et le Brésil qui abritent des industries de transformation avant de rejoindre les principaux pays consommateurs : l'Inde, les Etats-Unis, l'Union européenne, la Chine, les Emirats arabes unis et l'Australie.

"Les sites agro-industriels de Brobo (centre), Yamoussoukro (centre) et Bondoukou (Est) vont transformer près de 300 000 tonnes par an dès 2022", a expliqué à l'AFP Karim Berthé, le directeur de la transformation au Conseil coton-anacarde (CCA) qui gère la filière.

Les noix de cajou subissent un processus de fabrication jusqu'ici assez artisanal qui consiste à bouillir et sécher les noix afin de casser la coque, de décoller la graine sans l’abîmer et d'éliminer par sudation une partie de l'acide des coques.

Après ce délicat processus de décorticage, des dizaines de millions de noix sont coupées à l'interserction des deux hémisphères, avant d'être placées dans un four à 65° afin de les torréfier et de conserver ses bienfaits naturels. 

Industrialiser 50% de la production en 2025

La Côte d'Ivoire qui compte près de 250 000 producteurs regroupés dans une vingtaine de coopératives vise à terme un taux de transformation de sa production brute de cajou de 50% à l'horizon 2025.

L'amande de la noix de cajou qui se vend aujourd’hui plus cher que le Cacao est utilisée en cuisine et dans les cosmétiques, alors que la résine contenue dans sa coque se prête à divers usages industriels, notamment dans les systèmes de freinage des avions.

"Ces unités installées feront passer de 10 à 40% le taux de transformation locale"

Karim Berthé, directeur de la transformation au Conseil coton-anacarde

à l'AFP

Une nouvelle agro-industrie à côté du cacao

Sa culture longtemps restée marginale dans le pays a été développée par une femme d'affaires, Massogbè Touré Diabaté. C'est elle qui a créé une première coopérative en 1981 pour planter des anacardiers, devenue depuis la Société ivoirienne de traitement d'anacarde (Sita-SA), une des fiertés industrielles du pays.

"C’est lors d’un de mes voyages en Inde, à Madras, que je me suis rendu compte qu’on avait le même climat et surtout que la dynamique économie de cette région reposait sur la noix de cajou." Massogbè Touré Diabaté décide alors de tenter l'aventure chez elle. Jusque-là, l'anacardier ne servait qu'à reboiser les savanes de sa ville natale, Odienné, située dans le nord de la Côte d'Ivoire. "La culture de l’anacardier permettait de lutter contre l’avancée du désert, mais on s’intéressait peu à son fruit."

Alors que la production nationale vient de franchir le million de tonnes, il s’agit aujourd'hui de capitaliser cet acquis par sa transformation et son conditionnement. 

Le défi de l'industrialisation

Le défi de l'industrialisation que la Sita tente de relever depuis des années est une question de survie. "Aujourd’hui, nous vendons notre récolte aux Asiatiques, entre autres. Mais si, pour une raison ou pour une autre, ils ne viennent pas acheter, qu'allons-nous faire de notre production ? Si nous continuons à donner toute la matière première à l’Asie, ce sont leurs économies qui vont se développer alors que nous avons besoin de créer de la richesse et des emplois dans notre pays", souligne Massogbé Touré Diabaté, devenue depuis la vice-présidente de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI), le patronat ivoirien, dont elle est la seule femme membre du directoire.

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