Burkina: un groupe turc va investir 340 millions d'euros dans une usine textile

Le groupe turc Ayka Addis Textile a annoncé un investissement de 225 milliards de francs CFA pour la construction d'une usine de vêtements à Ouagadougou. Le premier vêtement fabriqué à partir du coton burkinabè, d’excellente réputation, sortira de l’usine du groupe à l’horizon 2020. Ce projet pourrait créer 12.000 emplois directs. Le Burkina ne transforme à ce jour que 5% de sa production.

 
Des machines-outils turques pour filer le coton burkinabè. Après un an de discussions, le président Roch Marc Christian Kaboré a donné son feu vert à cette usine textile qui pourrait livrer son premier lot de vêtements prêt-à-porter en 2020.

Ayka Addis évoque la création de sept unités de production (filature, tissage, tricotage, teinture, recyclage de fils et de tissus et enfin confection de vêtements), auxquelles s’ajoutera un centre de formation spécialisé dans les techniques de transformation de coton et de confection industrielle de vêtements. Une unité de fabrication d’emballages carton, une centrale thermique de 25 MW et une station d’épuration et de recyclage des eaux usées sont également prévues.

Les promoteurs du projet annoncent la création de 12.000 emplois directs et de 50.000 emplois indirects. Une très bonne nouvelle pour l'emploi et pour la société burkinabè des fibres textiles (Sofitex) qui estime que la nouvelle usine donnera un coup d’accélérateur à la transformation du coton burkinabè, dont la production a connu pour la campagne 2017-2018 une contre-performance de 13% par rapport aux prévisions initiales qui étaient de 650.000 tonnes.

Plusieurs institutions, dont la Banque africaine d'import et d'export (Afrexim Bank), la Banque africaine du développement (BAD), Ecobank, Bank of Africa (BOA), Lilium Capital, se sont déjà engagées pour financer totalement la réalisation de ce projet. Lequel sera porté par une société d’économie mixte détenue à 45% par l’Etat burkinabè et à 55% par Ayka Textile, un groupe fondé à Istanbul en 1988 et présent en Ethiopie depuis 2005. C'est à cette date qu'a été lancé son site industriel (filature, tricotage, fabrication de pièces…) d'Alem Gena, à 20 kilomètres d’Addis-Abeba. Ce site, qui avait représenté un investissement de 250 millions de dollars (200 millions d’euros), emploie 7000 personnes.