#Masaktach, le #MeToo marocain qui prive le chanteur Saad Lamjarred de radio

Deux mots-dièses (hashtags), #Masaktach et #LamjarredOut, ont amené les radios marocaines à bannir la star Saad Lamjarred de leur antenne. Le chanteur de 33 ans fait l’objet de trois inculpations pour viol. Il a été placé, mardi 18 septembre 2018, en détention provisoire en France.

Saad Lamjarred, idole de la jeunesse 
Saad Lamjarred, idole de la jeunesse  (FETHI BELAID / AFP)

«C’est via le hashtag #Masaktach (je ne me tais pas) que des centaines de tweets ont appelé les radios marocaines, Hit Radio en tête, à cesser de diffuser les chansons de la vedette de la pop», explique Tel Quel. Une campagne visant à bannir des ondes Saad Lamjarred a été lancée au Maroc sur les réseaux sociaux après le placement en détention provisoire en France du chanteur marocain, inculpé dans une nouvelle affaire de viol.





Certains médias ont pris publiquement leurs distances vis-à-vis du chanteur de 33 ans qui a fait l'objet de trois inculpations pour viol, en octobre 2016, en avril 2017, et plus récemment fin août 2018. Interpellée sur les réseaux sociaux, Radio 2M promet de «ne plus faire la promotion» de l'artiste aux millions de vues sur Youtube.


La radio la plus écoutée des jeunes Marocains, Hit Radio, a aussi temporairement suspendu l'idole des jeunes de son antenne. Le patron de Hit Radio, Younes Boumehdi, a dans un premier temps annoncé à certains medias locaux que les titres de Saad Lamjarred ne seraient plus diffusés par cette radio musicale, parmi les plus écoutées au Maroc, avant de préciser dans la matinée du 19 septembre qu'une décision finale serait prise après un sondage des auditeurs.


La pop star avait été invitée à chanter dans le dernier clip d'anniversaire du roi Mohammed VI, en compagnie de nombreux autres artistes locaux. Fin août, le compte officiel du producteur RedOne se félicitait du succès de cette chanson intitulée Happy Birthday Sidna.
 
Déjà mis en examen dans deux affaires de viol, Saad Lamjarred a été interpellé fin août à Saint-Tropez, sur la Côte d'Azur, après la plainte d'une jeune femme rencontrée dans une soirée. Inculpé deux jours plus tard, il avait été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire français et une caution de 150.000 euros.
 
Après appel du parquet, il a finalement été placé le 18 septembre en détention provisoire.