La cinéaste Gina Prince-Bythewood rejoint Viola Davis pour raconter l'épopée des Amazones du Bénin au cinéma

Viola Davis et Lupita Nyong'o devraient se donner la réplique dans "The Woman King". 

La réalisatrice Gina Prince-Bythewood lors d\'une projection le 31 mai 2018 à West Hollywood, en Californie (Etats-Unis).
La réalisatrice Gina Prince-Bythewood lors d'une projection le 31 mai 2018 à West Hollywood, en Californie (Etats-Unis). (ALBERTO E. RODRIGUEZ / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

La comédienne américaine Viola Davis sera dirigée par sa compatriote Gina Prince-Bythewood dans The Woman King, un film sur les Amazones du Dahomey (actuel Bénin). Gina Prince-Bythewood est connue pour avoir réalisé Love & Basketball, un classique de la comédie romantique notamment dans la communauté afro-américaine, et plus récemment The Old Guard dont l'héroïne est incarnée par l'actrice sud-africaine Charlize Theron.

Selon The Hollywood Reporter, The Woman King raconte l'histoire de Nanisca, à qui Viola Davis prêtera ses traits, "générale de l'unité militaire entièrement féminine connue sous le nom d'Amazones, et de sa fille, Nawi", interprétée par Lupita Nyongo'o. Deux femmes "qui ont combattu les Français et les tribus voisines qui ont violé leur honneur, asservi leur peuple et menacé de détruire tout ce pour quoi ils ont vécu". Le casting du film avait été annoncé en 2018.

Faire connaîtres les fameuses Amazones du Dahomey

La société JuVee Productions, détenue par la comédienne Viola Davis et son époux Julius Tennon, est coproductrice de la fiction. "Chez JuVee, nous sommes très heureux de présenter au monde entier cette incroyable histoire (de) femmes guerrières (...). Il est temps qu'elles occupent vraiment leur place dans l'Histoire et entre les mains de Gina Prince-Bythewood, la donne sera changée", ont déclaré Viola Davis et JuliusTennon, rapporte The Hollywood Reporter.

"La création du (roi) Ghézô la plus originale fut sans conteste celle des Amazones. Leur premier bataillon fut composé, dit-on, uniquement de femmes du roi qui, très renommées pour la chasse à l'éléphant, s'étaient prétendues aussi expertes dans la chasse à l'homme. Elles firent leurs premières preuves dans la guerre contre les peuplades nagotes de Sèlou-Aïzè", écrivait l'administrateur colonial français Auguste Le Hérissé dans un document édité en 1911 et conservé à la Bibliothèque nationale de France.

Dans un entretien accordé à franceinfo Afrique en 2019, le linguiste béninois Albert Bienvenu Akoha soulignait que "l'histoire des Amazones du Dahomey a été écrite par les vainqueurs (et qu') elle ne se trouve dans aucun manuel scolaire au Bénin". Il n'en demeure pas moins qu'elles sont une fierté nationale. En 2010, un détachement de l'armée béninoise composé uniquement de femmes, en hommage aux Amazones, avait participé au traditionnel défilé du 14-Juillet. Plusieurs pays africains, dont le Bénin, avaient été invités à l'occasion du cinquantenaire de leur indépendance.