Ethiopie : la France aidera au sauvetage de la cité monastique de Lalibela

C'est la huitième merveille du monde pour les Ethiopiens. Le site de Lalibela, au nord d'Addis-Abeba, est le plus spectaculaire témoignage de construction monolithique. Mais les onze églises, classées au patrimoine mondial de l'Unesco souffrent. La France a promis de participer à leur sauvetage.

Pèlerinage de l\'Epiphanie sur le site de la cité monastique de Lalibela en Ethiopie, le 6 janvier 2018.
Pèlerinage de l'Epiphanie sur le site de la cité monastique de Lalibela en Ethiopie, le 6 janvier 2018. (TIKSA NEGERI / X03719)

Onze églises taillées dans la roche, sous le niveau du sol, sur plusieurs dizaines de mètres de profondeur. C’est le plus grand site chrétien d’Afrique. Onze églises monolithes construites au XIIIe siècle.

Un génie bâtisseur a conçu ces réalisations hors normes. On les attribue au roi Lalibela, souverain de 1181 à 1221. Il souhaitait soulager les pèlerins dans leur voyage vers Jérusalem. Il s’agissait de reproduire la structure des lieux de prière qui les attendaient une fois arrivés en terre sainte.

Taillée dans la masse, la roche a été évidée pour laisser apparaître portes, fenêtres, colonnes, étages, toits. Les onze monuments ont ensuite été reliés entre eux par des tranchées afin de permettre les processions. L’une de ces églises, Biete Medhani Alem (la maison du Sauveur du monde), comporte cinq nefs. C’est la plus vaste église monolithique au monde. Les cours entourant ces lieux de culte extraordinaires ne sont accessibles que par des escaliers et des tunnels.

FARID ADDALA, SOLAN KOLLI / AFPTV / AFP

Les travaux d’excavation nécessaires à la réalisation de cette église sont impressionnants. Il a fallu dégager 15 000 m³ de pierre pour construire juste la cour. Quant à l’espace intérieur, il représentait près de 10 000 m³ de roche, soit l’équivalent de quatre piscines olympiques.

Mais le temps, hélas, a fait son œuvre. Des tremblements de terre ont détruit les fossés de drainage. La terre a englouti les églises, qui n’ont été de nouveau dégagées qu’au XXe siècle. Les peintures à l’intérieur des bâtiments sont gravement dégradées, tout comme certaines sculptures et bas-reliefs.

SaintGeorge, une des onze églises du site monolithique de Lalibela.
SaintGeorge, une des onze églises du site monolithique de Lalibela. (MINASSE WONDIMU HAILU / ANADOLU AGENCY)

Pour protéger les monuments de l’érosion de la pluie, des couvertures en tôle ont été érigées qui cassent singulièrement l’esthétisme des lieux. Bref, ce monument inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 1978 est en danger de mort.

L’Eglise et l’Etat éthiopien gèrent conjointement le site de Lalibela. Il reste un lieu de culte très prisé, notamment lors des grandes fêtes chrétiennes qui attirent nombre de pèlerins. Une importante communauté religieuse vit encore sur place. De l’aveu même de l’Unesco, la grande difficulté est de coordonner les actions. Et aucun plan de gestion n’a été établi.

Aujourd’hui, la population locale et certains ecclésiastiques sont particulièrement remontés contre cette protection temporaire.  

Une aide tant technique que financière, a promis le président Macron.