En Ethiopie, le cirque cherche un second souffle

Paradoxe, le cirque éthiopien est "plus populaire à l'étranger que chez lui".

Des élèves du cirque Tigré s\'entraînent dans les locaux défraîchis de l\'école du cirque à Mekele, en Ethiopie.
Des élèves du cirque Tigré s'entraînent dans les locaux défraîchis de l'école du cirque à Mekele, en Ethiopie. (EDUARDO SOTERAS / AFP)

Les arts du cirque sont arrivés tardivement en Ethiopie, dans la dernière décennie du XXe siècle. Cela a commencé en 1991 à Addis-Abeba. Une petite troupe d'enfants avec leurs professeurs a commencé à se produire devant un public clairsemé sur les places de la ville.

De fil en aiguille, l'audience s'est accrue, alors qu'en parallèle la petite troupe développait ses numéros et sa virtuosité, pour finalement prendre le nom de Circus Ethiopia. Dans le même temps, d'autres troupes apparaissaient dans différentes villes du pays : Jimma, Mekele, Nazareth. En 1993, elles se regroupaient sous la bannière Circus in Ethiopia, une organisation à but non lucratif.

Circus in Ethiopia a été déterminante dans le développement des arts du cirque dans le pays en fournissant du matériel à des écoles et en organisant des ateliers. Mais l'association a aussi travaillé à faire découvrir un monde inconnu du public éthiopien.

Le Cirque du Soleil

Le développement du cirque en Ethiopie doit aussi beaucoup au partenariat établi avec Le Cirque du Soleil. Dès 1993, il intervient auprès de Circus in Ethiopia et lui fournit du matériel (vêtements, sonorisation), organise des stages de formation en direction des professeurs. Les deux structures partagent aussi la même vision du rôle social de l'univers du cirque.

Ecole de cirque à Mekele dans le Tigré.
Ecole de cirque à Mekele dans le Tigré. (EDUARDO SOTERAS / AFP)

Le Cirque du Soleil est né dans la rue et son action c'est toujours portée vers les jeunes des rues, invités à s'affirmer dans l'univers circassien et y gagner leur vie. Une philosophie que les écoles de cirque éthiopiennes ont reprise à leur compte.

L'art du cirque éthiopien s'est enrichi d'un patrimoine culturel national, ce qui a donné une approche originale appréciée du public. A l'international, les troupes éthiopiennes se sont imposées par cette approche nouvelle, où le cirque fusionne avec des musiques, des chants, des danses et des costumes traditionnels.

Acrobaties

Le siècle nouveau marque l'apogée du cirque éthiopien qui développe un univers bien à lui. Les performeurs sont des enfants ou des jeunes, et non des adultes. Le spectacle est avant tout axé sur les acrobaties et, pour beaucoup, le cirque est plus une activité sportive qu'artistique. Car le pays a une longue tradition d'acrobatie, en particulier dans le Sud.

Selon la profession, le pays compte une trentaine de cirques. Or, les tournées internationales sont vitales pour des troupes qui ne peuvent pas compter sur l'audience nationale pour vivre. Comme l'explique Sarah Bushra, du cirque Fekat,"aujourd'hui encore, le cirque éthiopien est plus populaire à l'étranger que chez lui". Aussi, les temps sont durs pour les petites structures et plus encore pour les artistes en devenir.