Comment un robot-artiste a été soupçonné d'espionnage en Egypte

Ai-Da a été saisie et est restée dix jours à la douane avant sa participation à une exposition d’art contemporain.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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L'artiste-robot Ai-Da et son autoportrait lors d'une exposition au Design Museum de Londres, le 14 mai 2021. (GLYN KIRK / AFP)

Il aura fallu une médiation pour dédouaner le robot humanoïde britannique Ai-Da et lui permettre de participer, comme prévu, à une exposition d’art contemporain qui se tient à la grande pyramide de Guizeh. L’artiste hors norme n’avait pas vraiment plu aux forces de sécurité égyptiennes.

Une erreur de casting

Dès son arrivée en Egypte, la créature futuriste intrigue les douaniers égyptiens. Ils détectent notamment des caméras dans les yeux et pensent qu’il s’agit d’une affaire d’espionnage ou d’un complot, comme le rapporte The Guardian. Les employés de l'aéroport ne prennent aucun risque et saisissent l’objet jugé suspect. Seulement voilà, ce n’est qu’un robot-artiste, invité vedette de l’exposition d’art contemporain Forever is now. L'erreur de casting est découverte après dix jours de suspense et l’intervention de l’ambassadrice britannique au Caire, selon Aidan Meller, créateur du robot Ai-Da.

"Je ne peux pas lui arracher les yeux. (…) C'est une artiste-robot, soyons très clairs à ce sujet. Elle n'est pas une espionne"

Aidan Meller, concepteur du robot-artiste

au Guardian

Des yeux pour dessiner 

Baptisée Ai-Da en hommage à la pionnière de l’informatique Ada Lovelace, l’humanoïde a été présenté dès sa création en 2019 comme la première artiste-robot au monde. Avec des caméras placées dans les yeux, elle capture des images et se sert ensuite des algorithmes pour dessiner ou peindre. Tout un programme !

Sa dernière production dédiée à l'exposition est insiprée de l'énigme du Sphinx. Au-delà de son talent et de ses œuvres, Ai-Da est censée susciter le débat sur l’essor rapide de la technologie, ses abus ou bien encore les limites de l’intelligence artificielle, comme le souligne son créateur Aiden Meller au Guardian.

Mais la récente mésaventure d'Ai-Da en Egypte a été une occasion pour certains de critiquer la suspicion, devenue un art national dans le pays où des dizaines de milliers de personnes sont en détention.

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