Crash de la Yemenia en 2009 : le rapport d'enquête accuse l'équipage

L'Airbus A310 de la Yemenia s'était abîmé en mer en juin 2009 au large des Comores. Sur les 153 occupants de l'avion, seule une adolescente avait survécu.

Des proches des victimes du crash de la Yemenia prient devant leurs tombes, le 30 juin 2010 à Moroni (Comores), un an jour pour jour après le drame.
Des proches des victimes du crash de la Yemenia prient devant leurs tombes, le 30 juin 2010 à Moroni (Comores), un an jour pour jour après le drame. (YUSUF IBRAHIM / AFP)

Le 30 juin 2009, un Airbus A310 de la Yemenia, la compagnie aérienne du Yémen, s'abîmait en mer au large des Comores. Sur les 153 occupants de l'avion, seule une adolescente âgée de 14 ans avait survécu. Près de quatre ans après le drame, le rapport final de l'enquête a conclu à la responsabilité de l'équipage, mardi 25 juin.

"L'accident est dû à une action inadaptée de l'équipage" au cours d'"une manœuvre non-stabilisée", a déclaré le directeur de la commission d'enquête comorienne, au cours d'une cérémonie au ministère des Transports. Un événement qui a failli être perturbé par les familles des victimes. Elles estiment que l'enquête ne leur a rien révélé. Le rapport n'a pas non plus été diffusé aux journalistes sur place.

Une enquête enlisée

Partis de Paris ou de Marseille à bord d'un Airbus A330 récent, les passagers avaient changé d'appareil à Sanaa, au Yémen. L'A310, vieux de 19 ans, avait sombré au large de Moroni. Les boîtes noires avaient été retrouvées et le Bureau d'enquêtes et d'analyses français les avait décryptées mais l'enquête s'est enlisée. Une information judiciaire a aussi été ouverte en juillet 2009 au tribunal de Bobigny, au nord de Paris, pour déterminer les causes de cet accident.

Les proches des victimes avaient également porté plainte en avril 2011 pour "obstacle à la manifestation de la vérité" et "mise en danger de la vie d'autrui". "Il y a eu des longueurs inexplicables, inexpliquées et j'ai été amené à saisir directement les autorités yéménites et comoriennes", a déclaré mardi, un peu plus tôt dans la journée, le ministre français des Transports, Frédéric Cuvillier, alors qu'il rencontrait des familles des victimes. Il a ajouté que le gouvernement sera "attentif" aux conclusions de l'enquête.