#UneVraieFemmeAfricaine : un mot-dièse (hashtag) décalé pour briser les clichés

Lancé par une journaliste féministe ivoirienne pour dénoncer les stéréotypes, le hashtag enflamme la Toile africaine.

Une Sénégalaise au marché, le 25 février 2020. 
Une Sénégalaise au marché, le 25 février 2020.  (JEROME GILLES / NURPHOTO)

Tout a démarré le 27 février, quand la journaliste et féministe ivoirienne Bintou Mariam Traoré poste un message sur Twitter dénonçant la condition des femmes. "Tout est parti d’un post sur l’accouchement à travers une allusion au fait qu’une 'vraie femme africaine' est supposée accoucher par voie basse et non par césarienne, ni sous péridurale. Le post disait : 'Femme noire, tu enfanteras dans la douleur pour prouver que tu es une VRAIE AFRICAINE." Il m’a été inspiré à la suite d’une émission télévisée que j’avais regardée", explique Bintou Mariam Traoré à Benbere

"#UneVraieFemmeAfricaine ne divorce pas ! Elle doit rester dans mariage pourri là à cause de ses enfants. Car une mère morte et malheureuse vaut mieux qu’une mère célibataire et heureuse. Hayy ! Heureusement je suis une Fausse femme africaine", "#unevraiefemmeafricaine ne dit pas qu'elle a été violée, mais qu'elle a excité un pauvre homme qui a cédé à son charme", "Elle doit dire merci quand son mari la frappe, c'est sa façon de l'aimer. Après tout, qui aime bien châtie bien. C'est vraiment pas compliqué d'être #unevraiefemmeafricaine", les messages rivalisent de sarcasme, d'ironie pour dénoncer les clichés. 

Ecrits avec un humour mordant, les posts ont libéré la parole sur les réseaux sociaux. Surfant sur cette vague, l'ONG Oxfam a délivré ses messages de sensibilisation.

Tous les internautes n'ont pas apprécié le côté décalé des messages. La journaliste ivoirienne Bintou Mariam Traoré dit subir un cyberharcèlement.