Législatives en Côte d'Ivoire : l'opposition en quête de majorité

Toute l'opposition ivoirienne, y compris la branche du parti de l'ancien président Laurent Gbagbo qui lui est restée fidèle, prendra part au scrutin. 

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
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Un candidat vérifie son nom sur la liste des candidats aux élections législatives prévues le 6 mars, au siège de la Commission électorale à Abidjan, la capitale ivoirienne, le 1er février 2021.  (ISSOUF SANOGO / AFP)

Pas de "désobéissance civile" comme à la présidentielle d'octobre 2020. L'opposition ivoirienne, qui avait fait front commun contre l'actuel président Alassane Ouattara dont elle dénonçait le caractère anti-constitutionnel de son troisième mandat, compte bien lui ravir le parlement le 6 mars 2021. Il lui faut ainsi s'emparer de la majorité des 255 sièges d'une Assemblée nationale aujourd'hui dominée par le parti au pouvoir, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

Le scrutin législatif le plus inclusif depuis un quart de siècle

Comme souvent ces dernières années en Côte d'Ivoire, les rendez-vous électoraux sont source d'appréhension. La dernière présidentielle, remportée par Alassane Ouattara, a été marquée par des violences qui ont fait 87 morts et près de 500 blessés. De plus, elle a été suivie par une vague d'arrestations des leaders de l'opposition.

Ces violences hantent encore les esprits et des appels à des législatives pacifiques sont lancés par tous les partis. D'autant que ce sont les plus inclusives qu'ait connu la Côte d'Ivoire depuis 1995. Depuis la mort du père de l'indépendance ivoirienne, Félix Houphouët-Boigny, le pays navigue entre soubresauts et accalmies politiques. Une situation qui a souvent conduit au boycott des législatives par un important parti.

Le retour des pro-Gbagbo dans l'hémicycle

Ainsi, pour la première fois depuis dix ans, la branche du Front populaire ivoirien (FPI) de l'ancien président Laurent Gbagbo présentera des candidats sous la bannière d'une coalition de partis appelée Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS).

EDS, dont certains membres se sont lancés dans la bataille sous sa seule étiquette, a noué une alliance électorale avec le plus grand parti d'opposition, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) de l'ancien président Henri Konan Bédié qui, aux dernières législatives de décembre 2016, était allié au RHDP. Ensemble, ils avaient alors obtenu la majorité absolue avec 167 sièges sur 255. Ajourd'hui, Henri Konan Bédié entend conquérir avec Laurent Gbagbo la majorité pour "éviter la consolidation d'un pouvoir absolu dans (le) pays" et "réconcilier les Ivoiriens".

La paix des braves

La participation du FPI pro-Gbagbo et du PDCI fait suite à une amorce de dialogue entre Henri Konan Bédié et le président Alassane Ouattara, ainsi qu'à des gestes d'apaisement du pouvoir, dont la libération conditionnelle de plusieurs opposants arrêtés après la présidentielle.

La campagne s'achève le 4 mars. Les législatives se tiennent alors que les partisans de Laurent Gbagbo attendent avec impatience son retour en Côte d'Ivoire annoncé par son parti pour "mi-mars". Alassane Ouattara a assuré à plusieurs reprises qu'il était favorable à ce retour qui se fait cependant toujours attendre.

Les femmes au placard

Tout comme attend une représentativité plus grande des femmes au parlement. Début février, dans un communiqué, le Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) soulignait que "les listes provisoires de candidatures de l’ensemble des formations et coalitions politiques ne satisfont pas au quota de représentation de 30% de femmes tel que prévu par la loi n°2019-870 du 14 octobre 2019".

Ainsi, par exemple, l'on compte 40 candidates titulaires sur 255 pour le RHDP (15,68%), 4 sur 46 pour le PDCI (8,7%), 9 sur 64 pour l'autre branche du FPI (14,06%) ou encore 22 titulaires sur 128 pour l'alliance EDS-PDCI (17,19%).

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