Dans les prisons africaines surpeuplées, les détenus se relaient pour être allongés

Le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer, a affirmé, lors d'une visite dans la principale prison d'Abidjan le 16 janvier 2019, que les "conditions de détention" continuaient de "se dégrader" en Afrique, principalement en raison de la surpopulation carcérale.

Des policiers ivoiriens devant une prison à Abidjan après une mutinerie en février 2016.
Des policiers ivoiriens devant une prison à Abidjan après une mutinerie en février 2016. (SIA-KAMBOU / AFP)


Installations vétustes, carence en nourriture, problèmes d'hygiène et de santé... le régime de la détention ne s'arrange pas en Afrique, comme l’a constaté Peter Maurer après sa visite à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA) en Côte d’Ivoire, l’une des plus grandes prisons du Continent.

7 000 prisonniers pour 1 500 places

Principal problème, la surpopulation carcérale, la prison d’Abidjan en est un parfait exemple. Faute de places, les détenus se partagent des matelas et se relaient pour être allongés, comme ils l’ont raconté au président du CICR. La Côte d’Ivoire a annoncé de son côté la construction d’au moins quatre nouveaux centres pénitentiaires, dont un sera bientôt prêt.

La nourriture fournie par la famille

Outre la surpopulation, les prisons manquent cruellement de moyens en raison de budgets très limités. Ainsi, des repas ne sont pas forcément distribués aux détenus. En Afrique, les familles fournissent souvent la nourriture à leurs proches. Dans ce contexte, le CICR apporte sa contribution dans plusieurs pays comme la République démocratique du Congo, où 5 700 rations alimentaires ont été distribuées aux détenus. Un programme nutritionnel a été par ailleurs mis en place au Nigeria.

Les organisations internationales dénoncent depuis de nombreuses années les conditions dans les prisons en Afrique, considérées comme des mouroirs.

Des propositions pour un changement

Si le dernier constat du président du CICR est alarmant, la situation n’est pas irréversible selon lui. "Il existe des solutions, mais il faut une volonté", insiste Peter Maurer. Il préconise notamment "une réforme du système pénal" dans les pays concernés et une "formation professionnelle" pour les condamnés afin d'éviter au maximum les récidives.

Il propose surtout la "diversification des modes de financement" du système carcéral dans ces pays où les budgets alloués aux prisons sont souvent très limités.