Côte d'Ivoire : Alassane Ouattara ne sera pas candidat à la présidentielle

L'actuel président ivoirien avait jusqu'ici entretenu le mystère autour d'une éventuelle candidature. 

Le président ivoirien Alassane Ouattara attendant son homologue guinéen le 25 avril 2019 au palais présidentiel à Abidjan, la capitale économique ivoirienne. 
Le président ivoirien Alassane Ouattara attendant son homologue guinéen le 25 avril 2019 au palais présidentiel à Abidjan, la capitale économique ivoirienne.  (ISSOUF SANOGO / AFP)

"Je vous annonce solennellement que j'ai décidé de ne pas être candidat à la présidentielle du 31 octobre 2020 et de transférer le pouvoir à une jeune génération", a lancé le président ivoirien Alassane Ouattara devant les parlementaires du Sénat et de l'Assemblée nationale réunis en congrès extraordinaire, le 5 mars 2020, à Yamoussoukro, la capitale politique de la Côte d'Ivoire. 

Alassane Ouattara, élu en 2010 et réélu en 2015, avait jusqu'ici laissé planer le doute sur la possibilité de briguer un troisième mandat. Agé de 78 ans, il avait déjà déclaré le 30 novembre 2019, lors d'un meeting, que "la Côte d'Ivoire (appartenait) aux prochaines générations". Tout en affirmant que si ceux de "sa génération", à savoir les anciens présidents Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié, se portaient candidats, il en ferait autant.  

Guillaume Soro, seul candidat déclaré pour l'heure

"Mon intention, c'est bien de transférer le pouvoir à une nouvelle génération (...). Mais, attention (...), je veux que tous ceux de ma génération comprennent que notre temps est passé et que nous devons tous nous mettre de côté. Alors, si eux, ils décident d'être candidats, alors je serai candidat parce que je ne veux pas que la Côte d'Ivoire retourne entre les mains de ceux qui ont détruit notre pays", avait-il alors affirmé. 

Le climat politique est tendu en Côte d'Ivoire avant la présidentielle d'octobre 2020, qui se tiendra dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait 3 000 morts. Les élections municipales et régionales de 2018 ont été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

Pour le moment, l'ancien chef de la rébellion Guillaume Soro, actuellement en France et sous le coup d'un mandat d'arrêt en Côte d'Ivoire, est le seul à s'être déclaré candidat. L'ancien président Henri Konan Bédié et ancien allié politique d'Alassane Ouattara, qui aura 86 ans lors du scrutin, n'a pas écarté l'idée de se présenter.