VIDEO. Centrafrique : la peur au quotidien dans un camp de réfugiés à Bangui

Environ 600 personnes sont repliés dans ce camp, sans aide humanitaire.

DOROTHEE OLLIERIC - STEPHANE GUILLEMOT - PIERRE GUENY / FRANCE 2

La tension et les violences créent des situations humanitaires très compliquées à Bangui, en Centrafrique. Exemple de ce camp retranché catholique en plein quartier musulman, où 3 500 personnes se retrouvent pour dormir. Elles sont prises au piège dans ce camp de la peur, depuis début décembre. Traverser la rue, c'est prendre le risque de se faire tirer dessus. Les militaires de la force africaine présents sur les lieux s'avouent impuissants devant la menace.

L'école est fermée en raison des événements à Bangui, mais l'institutrice sœur Charlotte s'évertue à occuper et rassurer les enfants. Elle prépare même certains repas avec ses propres économies. Ils sont 600 réfugiés ce jour-là à l'église et il n'y a pas assez à manger pour tout le monde. Les grands doivent se sacrifier pour permettre aux plus petits de s'alimenter. L'aide alimentaire ne parvient pas jusqu'au camp en raison du danger.

Une fillette de 12 ans raconte une scène dont elle a été le témoin : "J'ai vu un homme qui revenait du marché. Des hommes l'ont frappé derrière la tête. Il est tombé. Ils l'ont dépecé et coupé en morceaux avec des machettes." Les chrétiens sont également coupables de certaines violences. Sœur Charlotte a retrouvé des couteaux et des grenades dans les cartables de ses élèves de CM2 et de 5e.

Des civils quittent leur quartier à Bangui en Centrafrique, le 26 décembre 2013. 
Des civils quittent leur quartier à Bangui en Centrafrique, le 26 décembre 2013.  (MIGUEL MEDINA / AFP)