Militaires accusés de viols en Centrafrique : l'enquête interne de l'armée déclassifiée

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a accepté la demande de la justice de déclassifier les documents, rapporte son entourage mercredi.

Des femmes passent à côté d\'un soldat français de la mission Sangaris à Bangui, en Centrafrique, le 20 mai 2015.
Des femmes passent à côté d'un soldat français de la mission Sangaris à Bangui, en Centrafrique, le 20 mai 2015. (PATRICK FORT / AFP)

L'enquête interne de l'armée sur les accusations de viols d'enfants par des militaires français en Centrafrique va être déclassifiée. Jean-Yves Le Drian, a "répondu favorablement à la demande de la justice", après un "avis favorable" de la Commission consultative du secret de la défense nationale, annonce l'entourage du ministre de la Défense, mercredi 3 juin.

Aucun enfant ni militaire entendu dans l'enquête interne

Quatorze militaires français ont été mis en cause dans cette affaire, dont trois sont identifiés. Six enfants de 9 à 13 ans les accusent d'agressions sexuelles, commises entre la fin 2013 et début juin 2014, au début de l'opération française Sangaris en Centrafrique.

Le ministère de la Défense, informé de ces accusations par l'ONU en juillet 2014, avait lancé une enquête interne pour vérifier d'éventuels dysfonctionnements dans la chaîne de commandement. Des enquêteurs de la gendarmerie prévôtale et de la section de recherches de la gendarmerie de Paris s'étaient rendus à Bangui début août 2014. "Ils ont procédé à un certain nombre de vérifications", selon le parquet, mais aucun enfant ni aucun militaire mis en cause n'a été entendu.