Centrafrique : le président Touadéra réélu mais sans la moitié des électeurs

En Centrafrique, un électeur sur deux n'a pas pu participer à l'élection présidentielle qui a permis la réélection du président sortant Faustin Archange Touadéra.

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France Télévisions
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Le président de la Centrafrique, Faustin Archange Touadera, le 27 décembre 2020 à Bangui (Centrafrique). (NACER TALEL / ANADOLU AGENCY / AFP)

Pas de surprise électorale en Centrafrique. Le président sortant Faustin Archange Touadéra a été déclaré réélu lundi 4 janvier à la présidentielle du 27 décembre. Ce professeur de mathématiques pures de 63 ans a remporté 53,92% des suffrages exprimés, selon des résultats proclamés par l'Autorité nationale des élections (ANE). Il l'a emporté face à une opposition dispersée entre 16 candidats, l'ancien Premier ministre Anicet Georges Dologuélé n'arrivant deuxième qu'avec 21,01% des suffrages exprimés.

Ces résultats doivent être validés par la Cour constitutionnelle après des recours contentieux que l'opposition a déjà annoncés, elle qui parle de "fraudes massives" et d'innombrables électeurs laissés pour compte. Un électeur sur deux n'a pas pu voter, sous la menace d'une offensive rebelle dans un pays aux deux tiers sous la coupe de groupes armés.

Une offensive rebelle contre l'élection

Le taux de participation, qui devait légitimer véritablement un second mandat du chef de l'Etat élu une première fois en 2016, a été annoncé à 76,31%, mais sur quelque 910 000 électeurs pris en compte alors qu'initialement 1,8 million étaient inscrits. "Nous avons comptabilisé les bulletins dans 2560 bureaux où le vote pu effectivement avoir lieu, sur un total de 5448. Dans les autres, le vote n'a pas pu avoir lieu ou bien les bulletins ont été détruits", a expliqué à l'AFP Théophile Momokoama, rapporteur général de l'ANE.

Ces élections se sont déroulées dans un pays où une guerre civile très meurtrière, initiée en 2013, avait considérablement baissé d'intensité depuis 2018, mais en proie à une nouvelle offensive de rebelles décidés à empêcher les élections. Le 19 décembre, une coalition des principaux groupes armés qui se partagent deux tiers du pays avait ainsi juré de "prendre le contrôle de tout le territoire". M. Touadéra avait immédiatement dénoncé une "tentative de coup d'Etat" sous les ordres de François Bozizé, l'ex-président renversé en 2013 et dont la candidature à la présidentielle avait été invalidée deux semaines plus tôt par la Cour constitutionnelle.

Plus de deux semaines après l'annonce de leur offensive, les groupes armés n'ont quasiment pas gagné de terrain, selon la mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) et les autorités. D'importantes forces de sécurité, composées des Casques bleus de l'ONU, de paramilitaires russes et de forces spéciales rwandaises ont bloqué leur avancée.

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