Centrafrique. Les pays d'Afrique centrale tentent une médiation

Une délégation est arrivée à Bangui pour tenter d'amener les belligérants à la table des négociations.

Le président centrafricain, François Bozizé, prononce un discours d\'appel à l\'aide jeudi 27 décembre, à Bangui (Centrafrique).
Le président centrafricain, François Bozizé, prononce un discours d'appel à l'aide jeudi 27 décembre, à Bangui (Centrafrique). (REUTERS)

Devant la dégradation de la situation en Centrafrique, une délégation de pays d'Afrique centrale est arrivée jeudi 27 décembre dans la capitale. Cette mission de médiation de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) cherche à amener les belligérants à accepter un cessez-le-feu et à entamer des négociations. Une partie de la délégation a déjà commencé à discuter avec le régime. L'autre est partie à la rencontre des rebelles de la coalition du Séléka

A Bangui, la situation était plutôt calme vendredi. Toutefois, les Américains ont décidé d'évacuer entièrement leur ambassade. L'ambassade de France, caillassée par des jeunes il y a deux jours, fait elle l'objet d'une protection importante de l'armée française. Dans la matinée, une manifestation pour la paix a réuni environ 300 femmes, à l'initiative d'associations proches du régime. Ce dernier souhaite une intervention étrangère pour l'aider à se maintenir aux commandes du pays et cherche à faire pression sur la communauté internationale.

Sentiment antifrançais

En brousse, des combats auraient opposé dans la matinée une colonne des Forces armées centrafricaines (Faca) à la coalition Séléka, selon un porte-parole des rebelles à Paris, rapporte RFI. Ce dernier affirme que les Faca ont été mis en déroute, mais le gouvernement dément de son côté tout mouvement de troupe.

Sans être général, un sentiment antifrançais commence à apparaître dans une partie de la population, probablement instrumentalisé par des radicaux du régime. "Vous, les Français vous en voulez à notre pétrole, à notre sous-sol. Mais un jour, on va s'en prendre à vous, on va en tuer un ! Vous faire partir ! ", a lancé un douanier à un journaliste de l'AFP, qui a été pris à partie à deux reprises par des Banguissois.