Centrafrique: des soldats français tuent deux Indiens

Chargée de la protection de l'aéroport de Bangui, l'armée française a fait feu sur des véhicules qui tentaient d'y pénétrer.

L\'aéroport de Bangui (Centrafrique) protégé par l\'armée française, lundi 25 mars 2013.
L'aéroport de Bangui (Centrafrique) protégé par l'armée française, lundi 25 mars 2013. (SIA KAMBOU / AFP)

Les forces françaises chargées de la protection de l'aéroport de Bangui, en Centrafrique, ont fait feu, lundi 25 mars, sur des véhicules qui tentaient d'y pénétrer. Elles ont tué deux ressortissants indiens et blessé plusieurs personnes, indiennes et tchadiennes. "Regrettant profondément ce drame, le ministre de la Défense a demandé le déclenchement d'une enquête visant à en déterminer les circonstances exactes. Toute la lumière sera faite en liaison et en transparence avec les autorités indiennes et tchadiennes", explique le ministère de la Défense. Les forces françaises sont intervenues "dans une situation particulièrement confuse contre trois véhicules" qui menaçaient de pénétrer dans l'aéroport "alors même qu'elles venaient d'être l'objet de tirs d'origine inconnue", ajoute le ministère.

Environ 350 soldats français ont été envoyés en renfort à Bangui depuis Libreville (Gabon) au cours du week-end pour assurer la protection des ressortissants français et étrangers présents en Centrafrique après l'opération éclair des rebelles de la Séléka, qui ont délogé le président François Bozizé et se sont emparés du pouvoir. Un premier contingent de 200 hommes est arrivé dès samedi, rejoint dimanche par une compagnie de 150 hommes, portant les effectifs militaires français en République centrafricaine à près de 600 hommes. 

Message de solidarité au Premier ministre indien

Selon le porte-parole de l'état-major Thierry Burkhard, interrogé par l'AFP, les soldats français ont été pris à partie lundi vers 7 heures du matin par "des tirs non identifiés". "Une heure plus tard, un véhicule s'est dirigé vers la position française", a-t-il poursuivi. Après des tirs de semonce, ce premier véhicule a fait demi-tour. Quelques instants après, trois véhicules se sont approchés des soldats français. "Ces véhicules transportaient notamment des ressortissants tchadiens et indiens. En dépit des tirs de semonce lancés par les militaires gardant le site, les véhicules ont poursuivi à vive allure. Deux ressortissants indiens sont morts. Les blessés indiens et tchadiens ont été immédiatement pris en charge par les forces françaises et conduits vers une unité de soin", selon le ministère la Défense.

Au total, cinq Indiens et quatre Tchadiens ont été blessés, a ajouté le colonel Burkhard. Les Indiens sont des civils qui travaillaient dans des entreprises étrangères implantées en Centrafrique ; les Tchadiens, des policiers, membres de la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac), a précisé le porte-parole. Les blessés ont été transportés à N'Djamena, au Tchad, où ils ont été hospitalisés à l'hôpital militaire français, a indiqué le colonel Burkhard.

"Dans ces circonstances tragiques, la France, partenaire et amie de l'Inde, partage la douleur des familles et leur adresse ainsi qu'aux autorités indiennes ses sincères condoléances. Le président de la République a adressé un message de solidarité au Premier ministre indien. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, doit s'entretenir dans les prochaines heures avec son homologue indien", ajoute le ministère de la Défense. "Le Premier ministre [indien] exprime sa profonde tristesse pour la mort de ces innocents", a réagi le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.