Les élections sous haute surveillance dans les régions anglophones du Cameroun

Les indépendantistes y menacent de mort les électeurs et les candidats.

Vue générale de Buéa, capitale de la région anglophone du Sud-Ouest, au pied du mont Cameroun.
Vue générale de Buéa, capitale de la région anglophone du Sud-Ouest, au pied du mont Cameroun. (ALEXIS HUGUET / AFP)

Les élections municipales et régionales ont lieu le 9 février 2020. Au-delà d’un résultat sans grande surprise, puisqu'une partie de l’opposition boycotte les élections et que seul le parti du président Biya sera présent partout dans le pays, c’est une nouvelle fois la situation dans les territoires de l’Ouest qui retient l’attention. "Dans les régions anglophones, le porte-à-porte a été préféré aux meetings grand public", explique le site internet 237online. Car le climat d’insécurité reste toujours aussi fort dans les Etats du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Ainsi à Bamenda, capitale de l’Etat du Nord-Ouest, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti présidentiel, a lancé sa campagne dans un hôtel et non pas dans un lieu ouvert comme une place publique, un meeting sous très haute sécurité.

Soldats en patrouille

Dans la ville de Buéa, capitale de l’Etat du Sud-Ouest, forces de l’ordre et soldats lourdement armés patrouillent dans les rues, rapporte la Deutsch Welle. Ils surveillent les lieux où les candidats du RDPC au pouvoir sont rassemblés. Selon l’AFP, des candidats aux municipales et aux législatives ont subi des violences.

Le Grand dialogue national organisé en octobre 2019 a volé en éclat. A dire vrai, tous les observateurs s'y attendaient. Les forces armées séparatistes ont même annoncé un couvre-feu permanent pour les deux régions anglophones du 7 au 12 février, pour perturber les élections.

Menaces contre les électeurs

Le communiqué du haut commandement des forces militaires d’Ambazonie est particulièrement menaçant. "Quiconque sera trouvé dehors dans nos villes et villages sera considéré comme ennemi et traité comme tel." Le Haut commandement rappelle "qu’il n’y aura pas d’élections en Ambazonie organisées par le colonisateur de Yaoundé". Un appel au boycott qui avait déjà été lancé lors de l’élection présidentielle de 2018.