Déplacés au Sahel : appel à l'aide internationale d'ONG "dépassées" par l'ampleur de la crise humanitaire

Le nombre de déplacés, qui est désormais de 600 000 personnes, grimpe de jour en jour. 

Des réfugiés font la queue pour avoir de l\'eau dans un camp à Barsalogho, au Burkina Faso, le 27 janvier 2020.
Des réfugiés font la queue pour avoir de l'eau dans un camp à Barsalogho, au Burkina Faso, le 27 janvier 2020. (OLYMPIA DE MAISMONT / AFP)

Deux ONG ont lancé, vendredi 31 janvier à Paris, un appel à la mobilisation internationale, se disant "dépassées" par l'accélération de la crise humanitaire au Sahel. Le nombre de déplacés, qui est désormais de 600 000 personnes, grimpe de jour en jour. "J'ai vu des scènes rappelant l'Ancien Testament de la Bible : un véritable exode de gens montés sur un âne, avec quatre chèvres et le peu qu'il leur reste entassé dans une carriole", a témoigné Jan Egeland, secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), tout juste arrivé de Barsalogho, petite ville du centre-nord du Burkina Faso.

Cette région accueille quelque 270 000 déplacés et réfugiés fuyant les violences jihadistes et intercommunautaires qui ensanglantent le pays depuis 2015. Leur nombre s'est emballé au Burkina ces derniers mois, s'envolant de 87 000 à 560 000 entre janvier et décembre 2019.

Parties du nord du Mali en 2012, les violences jihadistes, souvent entremêlées à des confits intercommunautaires, se sont propagées au Burkina Faso et au Niger, faisant 4 000 morts dans ces trois pays voisins en 2019, selon les Nations unies. "Ces communautés sont en train de s'effondrer et nous sommes impuissants", s'est alarmé le responsable du NRC lors d'une rencontre à Paris avec quelques journalistes. Les réfugiés de Barsalogho sont contraints de se partager 20 litres d'eau par famille et par jour, huit fois moins que la ration minimum", a-t-il souligné.