Burkina Faso : le chef de la junte destitué, le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba, a accepté de démissionner

Arrivé au pouvoir en janvier par un coup d'Etat, il a été renversé vendredi par le nouveau chef autoproclamé de la junte, le capitaine Ibrahim Traoré.

Paul-Henri Damiba à Ouagadougou, au Burkina Faso, le 2 mars 2022. 
Paul-Henri Damiba à Ouagadougou, au Burkina Faso, le 2 mars 2022.  (OLYMPIA DE MAISMONT / AFP)
Ce qu'il faut savoir

Le chef de la junte au pouvoir au Burkina Faso, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, destitué vendredi par le capitaine Ibrahim Traoré mais qui refusait d'abdiquer, a finalement accepté de démissionner dimanche 2 octobre, ont annoncé des chefs religieux et communautaires. "Suite aux actions de médiation" menées par ces chefs entre les deux rivaux, "le président Paul-Henri Sandaogo Damiba a proposé lui-même sa démission afin d'éviter des affrontements aux conséquences humaines et matérielles graves", écrivent-ils dans un communiqué. Ce direct est maintenant terminé. 

 Le nouveau chef autoproclamé de la junte appelle à cesser les violences contre la France. Le capitaine Ibrahim Traoré a appelé dimanche à cesser les actes "de violence et de vandalisme" contre la France, dans un communiqué lu à la télévision nationale. L'Institut français de Ouagadougou attaqué samedi par des manifestants hostiles à la France a subi des "dommages importants", a déploré pour sa part le ministère des Affaires étrangères français. "C'est d'autant plus regrettable qu'il s'agissait d'un des principaux centres culturels de la ville, qui abritait la Bibliothèque Georges Méliès, qui était très fréquentée des Burkinabés", selon le ministère.

Des gaz lacrymogènes tirés devant l'ambassade de France. L'ambassade de France à Ouagadougou a été prise pour cible par des manifestants dimanche pour la deuxième fois en deux jours. Quelques dizaines de manifestants ont mis le feu à des barrières et jeté des pierres contre le bâtiment. Des grenades de gaz lacrymogène ont été tirées pour les disperser, selon un journaliste sur place. Ils soutiennent les militaires auteurs d'un coup d'Etat, vendredi. Samedi, ces derniers accusent la France d'aider le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, qu'ils ont renversé, à préparer la reprise du pouvoir.

 La France déjà visée samedi. Des manifestants s'étaient déjà réunis devant l'ambassade de France en fin de journée, et un incendie s'était déclaré. Un autre feu avait été allumé devant l'Institut français à Bobo-Dioulasso, la deuxième ville du pays. Le ministère français des Affaires étrangères a condamné les violences et appelé les Français à "rester chez eux jusqu'à nouvel ordre".

 Paris dément les accusations des putschistes. Samedi, ces derniers ont affirmé que l'ancien chef de la junte s'était réfugié sur la base de Kamboinsin, où des militaires français forment l'armée burniabé, et d'y préparer une "contre-offensive". Ce dernier l'a démenti dans un communiqué sur Facebook, sans dévoiler où il se trouve. Le quai d'Orsay a fait de même, et sa porte-parole Anne-Claire Legendre a décrit les manifestants comme "manipulés par une campagne de désinformation à notre encontre".

 Un coup d'Etat à l'issue incertaine. Des militaires emmenés par le capitaine Ibrahim Traoré ont annoncé avoir pris le pouvoir vendredi, renversant le colonel Damiba, lui-même à la tête du pays depuis un précédent coup d'Etat en janvier. Mais dans un communiqué, samedi, l'armée a affirmé ne pas soutenir le nouveau putsch et a minimisé les événements, les qualifiant de "crise interne" faisant l'objet de "concertations".

 Le spectre de la rivalité entre la France et la Russie. Des drapeaux de la Russie ont été brandis, vendredi et samedi, par certains des manifestants appelant au départ du colonel Damiba, critiqué pour son impuissance à mettre fin aux attaques jihadistes au Sahel. Sans citer la Russie, les putschistes ont affirmé samedi leur volonté "d'aller vers d'autres partenaires" que la France pour lutter contre le terrorisme. Un discours rappelant celui de la junte militaire du Mali voisin, qui a fait appel aux mercenaires du groupe russe Wagner et a poussé l'armée française au départ.

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14h44 : Attaqué hier par des manifestants hostiles à la France, "l'Institut français de Ouagadougou a subi des dommages importants, c'est d'autant plus regrettable qu'il s'agissait d'un des principaux centres culturels de la ville, qui abritait la bibliothèque Georges Méliès, qui était très fréquentée des Burkinabés", selon le ministère des Affaires étrangères.

14h29 : Le nouveau chef autoproclamé de la junte militaire au pouvoir au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, appelle à cesser les actes "de violence et de vandalisme" contre la France, dans un communiqué lu à la télévision nationale.

14h27 : Le chef de la junte appelle à cesser la violence contre la France.

10h30 : Quelques dizaines de manifestants se sont rassemblés devant l'ambassade. Ils ont mis le feu à des barrières de protection et ont jeté des pierres à l'intérieur du bâtiment, sur le toit duquel étaient positionnés des soldats français, quand les gaz ont été tirés.

10h18 : Des grenades de gaz lacrymogène ont été tirées de l'intérieur de l'ambassade de France à Ouagadougou pour disperser des manifestants soutenant le putschiste autoproclamé Ibrahim Traoré, rapporte l'AFP.