Burkina : le nombre de déplacés a plus que triplé depuis le début de l’année

Face à la multiplication des attaques, les Burkinabè continuent de fuir le nord et l'est du pays.

Des enfants devant une école servant de refuge aux personnes déplacées dans le nord du Burkina Faso, en juin 2019.
Des enfants devant une école servant de refuge aux personnes déplacées dans le nord du Burkina Faso, en juin 2019. (OLYMPIA DE MAISMONT / AFP)

Près de 300 000 personnes ont dû quitter leur foyer pour vivre dans des centres d'accueil au Burkina Faso, selon un décompte de l’ONU annoncé le 9 septembre 2019. Le nombre de déplacés a plus que triplé ces derniers mois, en raison de la violence et l'insécurité dans certaines parties du nord et de l’est du pays. En janvier 2019, ils étaient 82 000 d’après les estimations du Bureau des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha).

A cause de la violence, l'accès aux soins est devenu une gageure dans certaines régions du Burkina Faso. La conséquence est dramatique pour de nombreuses famillesPeter Maurer, président du CICR

500 000 personnes privées de soins

Les attaques armées menées par des groupes jihadistes sont en hausse et compliquent la tâche des organisations humanitaires, comme le souligne constamment le Comité international de la Croix-Rouge.

En raison de la violence, de nombreux professionnels de la santé ont été forcés de quitter les zones rurales et des dizaines de centres de santé ont fermé leurs portes. Au cours des six derniers mois, 500 000 personnes n’ont pas eu accès aux soins.

Risques de famine

Dans ce contexte de violence et d’instabilité, de nombreux Burkinabè sont dans l’impossibilité de subvenir à leurs besoins. Une double peine dans ce pays pauvre d’Afrique. Le Comité internationale de la Croix-Rouge (CICR) distribue des vivres et fournit une aide médicale pour éviter le pire, mais se dit préoccupé par l’insécurité alimentaire qui touche désormais plus d’un million de personnes avec un risque de malnutrition et de famine.