Nigeria : Boko Haram a enlevé plus de 1 000 enfants depuis 2013, selon l'Unicef

Au moins 2 295 enseignants ont été tués et plus de 1 400 écoles détruites par Boko Haram sur la même période, affirme l'organisation internationale.

Des élèves nigérianes, relâchées après avoir été kidnappées par le groupe islamiste Boko Haram, attendent de rencontrer le président Muhammadu Buhari à Abuja, le 23 mars 2016.
Des élèves nigérianes, relâchées après avoir été kidnappées par le groupe islamiste Boko Haram, attendent de rencontrer le président Muhammadu Buhari à Abuja, le 23 mars 2016. (PHILIP OJISUA / AFP)

Plus de 1 000 enfants ont été enlevés depuis 2013 par les jihadistes de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria, affirme l'Unicef dans un communiqué, vendredi 13 avril. Cette annonce intervient quatre ans après l'enlèvement de 276 lycéennes à Chibok. "Les enfants du nord-est du Nigeria continuent d'être la cible d'attaques à une échelle révoltante"a souligné Mohamed Malick Fall, un responsable de l'Unicef au Nigeria.

L'insurrection de Boko Haram, qui cherche à instaurer un califat dans le nord-est du Nigeria, a fait au moins 20 000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis 2009. Les écoles, tout particulièrement celles qui ont un programme laïque, sont régulièrement ciblées par le groupe jihadiste, dont le nom signifie en haoussa, l'une des langues du Nigeria, "l'éducation occidentale est un péché". Au moins 2 295 enseignants ont été tués et plus de 1 400 écoles ont été détruites par Boko Haram depuis 2013, selon l'Unicef.

Plus de 100 écolières enlevées en février

Depuis son arrivée au pouvoir en 2015, le président nigérian, Muhammadu Buhari, a déployé un effort de guerre sans précédent face au groupe islamiste armé. Mais même affaibli, Boko Haram, qui a perdu de larges pans de territoire, n'a pas cessé ses attaques meurtrières, notamment contre des civils, et il conserve la capacité de mener des opérations de grande envergure.

En février, le pays avait été choqué par l'enlèvement par les jihadistes de 111 écolières à Dapchi, dans le nord-est du Nigeria. La plupart de ces jeunes filles ont ensuite été libérées, mais ce kidnapping de masse a ravivé le douloureux souvenir du drame de Chibok, en avril 2014. Deux cent soixante-seize jeunes filles avaient été enlevées dans un pensionnat par des insurgés, arrivés à la faveur de l'obscurité par dizaines à bord de camions et de pick-up. Plus de cent d'entre elles seraient toujours prisonnières du groupe terroriste.