La situation est très tendue au Bénin, "l'armée tire à balles réelles" sur les manifestants

Le pays est en proie à une crise politique depuis les élections législatives du 28 avril, auxquelles l'opposition n'avait pas eu le droit de participer. 

Après les élections du 28 avril 2019, des Béninois manifestent dans le quartier de l\'ancien président Thomas Yayi Boni à Cotonou, le 2 mai 2019.
Après les élections du 28 avril 2019, des Béninois manifestent dans le quartier de l'ancien président Thomas Yayi Boni à Cotonou, le 2 mai 2019. (YANICK FOLLY / AFP)

Depuis quatre jours, des échauffourées ont lieu entre l'armée et les manifestants dans le centre du Bénin. La situation est toujours très tendue, vendredi 14 juin, à Savè et à Tchaourou, ville d'origine de l'ancien président Boni Yayi, dans le centre du pays.  

"Les forces armées sont présentes partout dans la commune et sur la route principale entre Tchaourou et Parakou, pour essayer de dégager les barricades" mises en place par des manifestants pro-Yayi, a confié vendredi un élu de la commune sous couvert d'anonymat. "L'armée tire à balles réelles. Les violences sont extrêmes", a-t-il ajouté. 

Plusieurs éléments de l'armée ont été blessés et admis dans un hôpital à Parakou, la plus grande ville du nord du pays. Aucune information officielle n'est disponible sur le bilan des affrontements. Des photos et des vidéos de manifestants blessés ainsi que de soldats circulaient sur les réseaux sociaux, faisant état de très fortes altercations sur la route principale, bloquée par les manifestants.

Une crise politique qui dure depuis avril 

Le pays est en proie à une crise politique depuis les élections législatives du 28 avril, auxquelles l'opposition n'avait pas été autorisée à présenter de candidats pour des raisons administratives. L'ancien président avait appelé la population à se soulever en signe de protestation et appelé le chef de l'Etat, Patrice Talon, à annuler le processus électoral. 

La répression des manifestations par l'armée a déjà fait au moins quatre morts par balles selon Amnesty International et marque un tournant dans l'histoire du Bénin, considéré comme un exemple démocratique en Afrique de l'Ouest depuis trente ans.