Baromètre de l'ONG Care : "Il y a une corrélation très forte entre l'intérêt des médias et la durée d'une crise humanitaire"

Selon le directeur de l'ONG, moins les médias parlent d'une crise humanitaire, moins les dons affluent pour venir en aide aux sinistrés. 

Un malade, victime du virus Ebola, transporté par Médecins sans frontières au Congo en janvier 2020. 
Un malade, victime du virus Ebola, transporté par Médecins sans frontières au Congo en janvier 2020.  (ALEXIS HUGUET / AFP)

"Il y a une corrélation très forte entre l'intérêt des médias et la durée d'une crise humanitaire", explique mardi 28 janvier sur franceinfo Philippe Lévêque, directeur de l'ONG Care France, qui publie mardi son baromètre annuel sur les dix conflits les moins médiatiques dans le monde. "Le traitement médiatique amène l'intérêt des donateurs privés. Il y aura moins de donateurs et moins d'aide internationale si une crise n'est pas médiatisée", poursuit-il. 

Le Sud de la planète moins présent dans les médias 

En tête de ce classement, Madagascar, le Burundi, la Corée du Nord, la Zambie ou encore le Burkina Faso. "Madagascar n'est apparu dans les médias qu'à 612 occurrences l'année dernière", déplore Philippe Lévèque.

"Il y a des disettes récurrentes dans le Sud, une zone semi-désertique, où les sécheresses sont de plus en plus affectées par le phénomène El Nino", un courant océanique chaud, affecté par le changement climatique. Ces oubliés des médias se trouvent principalement sur le continent africain. "Il y a sans doute un désintérêt des médias pour le continent", déplore le directeur de l'ONG, même s'il reconnaît que "c'est là qu'il y a le plus d'insécurité" et donc des difficultés pour y envoyer des journalistes.

"Nous avons regardé comment les médias ont rendu compte de 40 crises humanitaires, des crises qui ont affecté chacune plus d'un million de personnes", raconte Philippe Lévêque. Son ONG se concentre sur les médias en français, anglais, allemand, espagnol et arabe, précise-t-il.