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Prise d'otages en Algérie : plusieurs pays critiquent la décision d'avoir donné l'assaut

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et le Japon ont commenté l'intervention de l'armée algérienne, alors que le flou subsiste sur le nombre de victimes et leur nationalité. 

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France Télévisions
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Cliché non daté du site gazier d'In Amenas, dans le sud de l'Algérie, où des jihadistes ont pris plusieurs dizaines de personnes en otage, le 17 janvier 2013. (KJETIL ALSVIK / STATOIL / AFP)

Après la prise d'otages sur le site gazier d'In Amenas, dans le sud-est de l'Algérie, l'assaut de l'armée algérienne pose question. Les pays qui comptent des ressortissants parmi la quarantaine d'étrangers retenus par les islamistes s'interrogent, jeudi 17 janvier, sur le déroulement de cette opération. Selon des sources islamistes, l'assaut de l'armée aurait fait une cinquantaine de morts, dont une majorité d'otages. Ces chiffres ne sont pas encore confirmés, mais les réactions officielles de la France et du Royaume-Uni laissent supposer que le bilan est lourd.

Paris évoque un dénouement dans "des conditions dramatiques"

"Je ne dispose pas encore de suffisamment d'éléments pour en faire une évaluation", a prévenu François Hollande en conférence de presse jeudi, évoquant l'assaut de l'armée algérienne sur le site de la prise d'otages. Celle-ci "se dénoue dans des conditions dramatiques", a cependant noté le président, précisant que "la situation en Algérie justifie encore davantage la décision qu'[il a] prise d'intervenir au Mali", l'armée française a rejoint, vendredi, l'armée malienne pour stopper la progression vers le sud des jihadistes installés dans le nord du pays.

Il a ajouté "être informé par les autorités algériennes" des évènements en cours. "Notre devoir, c'est aussi d'agir conformément à nos engagements", a-t-il ajouté pour fermer la parenthèse sur le sujet avant de poursuivre son discours.

François Hollande a aussi fait état de "plusieurs dizaines d'otages" de différentes nationalités sur le site. 

Washington veut "des éclaircissements"

La Maison Blanche a exprimé son inquiétude au sujet de l'opération en cours en Algérie pour libérer des otages, dont des Américains. La présidence américaine a dit chercher à obtenir des "éclaircissements" de la part des autorités algériennes.

"Nous sommes évidemment inquiets au sujet des informations sur des pertes en vies" humaines lors de cette opération, a expliqué le porte-parole du président Obama, Jay Carney. Il a dit ne pas être en mesure de confirmer le bilan avancé par les islamistes. "Malheureusement, les meilleures informations dont nous disposons à l'heure actuelle montrent que des Américains figurent parmi les otages."

Londres aurait "préféré être contacté à l'avance"

"Je pense que nous devons nous préparer à la possibilité de mauvaises nouvelles à venir", a averti le Premier ministre britannique, David Cameron, qui a regretté de ne pas avoir été informé à l'avance par Alger et a reporté un important discours sur l'Europe prévu vendredi.

Selon une source citée par l'AFP, il a été informé de cette opération en cours lors d'une discussion téléphonique, jeudi en fin de matinée, avec son homologue algérien, Abdelmalek Sellal.

"C'est une opération complètement menée par les Algériens en territoire algérien souverain", a déclaré le porte-parole du Premier ministre, précisant que le Royaume-Uni avait offert son assistance, mais que les Algériens n'avaient pas sollicité d'aide. Il a aussi confirmé que "plusieurs" Britanniques figuraient parmi les otages.

Le Japon réclame la fin de l'opération 

Quant au Japon, il a appelé l'Algérie à cesser immédiatement son opération militaire. Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a décidé vendredi d'abréger sa tournée en Asie en l'absence d'informations fiables sur le sort de 14 Japonais toujours portés manquants après l'assaut de l'armée.

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