Mali : le président algérien demande à la junte d'appliquer l'accord d'Alger et "d'aller vers des élections"

Abdelmadjid Tebboune estime que la détérioration de la situation au Mali "aiguise les appétits de certains Etats".

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Cette vue aérienne montre un camion roulant le long de la route nationale 15 (RN15), allant de la ville de Sévaré, au sud du Mali, au Burkina Faso, le 5 novembre 2021. Il s'agit de l'une des routes les plus dangereuses du Mali où civils et militaires sont attaqués par des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda opérant dans la région. (AMAURY HAUCHARD / AFP)

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a appelé dans la soirée du 31 juillet les militaires au pouvoir au Mali à retourner à la légalité "dans les meilleurs délais" et à appliquer l'accord d'Alger

"Je demande aux dirigeants actuels du Mali de retourner à la légalité dans les meilleurs délais. De donner la parole au peuple et d'aller vers des élections", a lancé le chef de l'Etat algérien lors de son entretien périodique avec la presse locale diffusé à la télévison et à la radio. "Tant que l'accord d'Alger ne sera pas appliqué, les problèmes au Mali persisteront", a-t-il par ailleurs estimé. 

L'Algérie, qui partage avec son voisin du sud quelque 1400 km de frontières, a pris une part active à l'accord de paix signé en 2015 avec la rébellion indépendantiste pour mettre fin à la guerre au Mali, mais son application reste aléatoire.

Mi-juillet, après avoir dressé un bilan négatif de son application en 2021les ex-rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) dénonçaient "l'abandon de (sa) mise en œuvre (...) notamment depuis l'avènement du gouvernement de transition". Cet accord prévoit, entre autres, la démobilisation et la réintégration des groupes armés ainsi que la décentralisation et le développement économique du nord du Mali que les Touaregs appellent l'Azawad. 

"Une partie" du terrorisme "est fabriquée"

"Le terrorisme existe au Mali mais une partie est fabriquée", a également accusé le chef de l'Etat algérien estimant que certaines parties ne veulent pas que la situation s'améliore et que la dégradation de la situation au Mali "aiguise les appétits de certains Etats" qu'il n'a pas nommés. "A chaque fois que nous tentons de rassembler les frères (les belligérants maliens) dans un pays donné, certaines parties s'ingèrent (...), l’Algérie est enviée pour son rôle", a-t-il ajouté, affirmant que son pays "traite avec les Etats africains de bonne foi et avec sincérité pour régler les problèmes", rapporte l'agence de presse algérienne APS. Abdelmadjid Tebboune a ainsi fait savoir que son pays était prêt à aider les Maliens économiquement et politiquement.

Le Mali, pays pauvre et enclavé au coeur du Sahel, a été secoué par deux coups d'Etat militaires en août 2020 et en mai 2021. La crise politique va de pair avec une grave crise sécuritaire en cours depuis 2012 et le déclenchement d'insurrections indépendantiste et jihadiste dans le nord.

Le pays reste le théâtre d'attaques de groupes affiliés à Al-Qaïda, dont certains chefs sont des Algériens, et à l'Etat islamique ainsi que de violences d'autres acteurs armés : milices d'autodéfense ou bandes de malfaiteurs.

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