Législatives en Algérie : vers un retour de l'ex-Alliance présidentielle de Bouteflika ?

Selon des médias locaux, les résultats pourraient consacrer la victoire des partis traditionnels pourtant considérés comme moribonds et rejetés par le Hirak.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Dépouillement dans un bureau de vote après la fin des élections générales à Alger, le 12 juin 2021.  (MOUSAAB ROUIBI / ANADOLU AGENCY)

"Pour moi, le taux de participation n'a pas d'importance. Ce qui m'importe, c'est que ceux pour lesquels le peuple vote aient une légitimité suffisante", a anticipé, samedi 12 juin, le président algérien Abdelmadjid Tebboune. Selon l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), le taux de participation provisoire a atteint 30,20%. Les résultats officiels sont attendus mercredi 16 juin. "Quarante-huit heures après la fermeture des bureaux de vote, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) n’a communiqué ni le taux de participation, ni les résultats provisoires du scrutin. Un silence qui laisse la place à la spéculation. On parle même du retour des symboles du Bouteflikisme et de la victoire du trio FLN-RND-MSP, qui rappelle aux Algériens l’ex-Alliance présidentielle de Bouteflika. Le parti islamiste avait quitté cette Alliance en 2012, après y avoir siégé pendant huit ans", note le site Tout sur l'Algérie (TSA). 

"Symboles du Bouteflikisme"

La future Assemblée de "l'Algérie nouvelle" d'Abdelmadjid Tebboune serait-elle une copie conforme à celle de son prédécesseur Abdelaziz Bouteflika ? Selon plusieurs médias, les vainqueurs des dernières législatives de 2017, le Front de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national démocratique (RND), sont bien placés pour rafler la mise. Le principal parti de la mouvance islamiste légale, le Mouvement de la Société pour la Paix (MSP), qui a revendiqué la victoire dès dimanche 13 juin, arriverait en deuxième position, selon ces médias. Le MSP, un parti conservateur, considéré comme modéré, a mis en garde contre "les nombreuses tentatives de modifier les résultats". L'ANIE a réfuté des déclarations "infondées". Quelle sera légitimité de la future Assemblée avec le record de l'abstention ? "La nouvelle Assemblée était censée remplacer celle, dissoute, qui était à majorité FLN/RND et qui a été frappée par le scandale de la vente des 'têtes de liste'. Avec un tel score, il est évident que la nouvelle composante fera face au même problème de déficit de légitimité", observe le quotidien El Watan.

"Le président fragilisé"

Grande gagnante des législatives anticipées en Algérie, l'abstention record marque l'échec de la "feuille de route" électorale du pouvoir et installe le pays dans une impasse politique, estiment des analystes. Sur le plan de la participation, après la présidentielle de décembre 2019 et le référendum constitutionnel de novembre 2020, "c'est le troisième échec consécutif du président Abdelmadjid Tebboune", analyse pour l'AFP Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cermam). Pour le politologue, "le président est dans une situation vulnérable" et "augmente sa dépendance vis-à-vis de l'institution militaire". "Sa durée de vie politique est plus que jamais dictée par l'armée", dit-il. Depuis son élection, marquée par une forte abstention (60%), Abdelmadjid Tebboune, pur produit du sérail âgé de 75 ans, est en quête de légitimité dans un pays où la population a perdu confiance dans ses dirigeants.

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